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Top 3 des questions à ne surtout pas poser à une personne transgenre

L’autre jour je discutais transidentité avec une personne cis’ qui voulait en savoir un peu plus. Soudain elle me demande mon ancien prénom. J’ai dit : NON. L’occasion pour moi de lister ici les trois questions à ne jamais poser à un-e Trans quand on discute avec ellui.

NoQuestions

Addendum. Suite à des réactions appelant à nuancer les propos sous-cités, je me dois de rajouter une petite note. Ce que je propose en suite de chaque question n’est pas un modèle type de réponse à apporter. Il va de soi que je n’incite pas à répondre de façon violente et brutale. Je n’appelle pas à la fermeture totale et hermétique sur ces questions. C’est plus une ligne de conduite adressée aux cisgenres vis-à-vis des personnes transgenre quand on découvre qu’on en a un-e dans son entourage, ou bien quand, à l’occasion d’une soirée, on découvre que l’on est trans. Je pars du principe de base que l’on doit nous respecter et ne pas chercher à connaître des choses de nous que l’on ne souhaiterait pas voir s’étaler sur place publique. C’est juste une série de bonnes pratiques à avoir.

1 – «C’était quoi ton ancien prénom ?»

Non. Désolée mais non. Cette question au demeurant triviale est une terrible tentative de vouloir extirper un passé oublié. Pendant une partie plus ou moins longue de sa vie, la personne transgenre a vécu avec ce mauvais prénom qui ne lui corresponds plus, et par conséquent ne veux plus rien avoir à faire avec. Et oubliez aussi le « jeu de devinette » consistant à faire une liste de prénoms dans le but de faire avouer à la personne son ancien prénom. C’est tout sauf drôle ! Même dans le milieu militant LGBT, il m’est arrivée d’apprendre qu’un responsable associatif avait sorti : «Allez, dis-moi son ancien prénom, c’est pour rigoler !» Non. Ce n’est pas drôle. C’est de la transphobie, au sens où l’on invisibilise totalement ce qu’est la personne transgenre actuellement.

2 – «Mais alors ? T’es opéré-e ?»

«Qu’est-ce que ça peut te foutre ? Je t’ai demandé moi si tu es circoncis / t’es faite raccourcir les petite lèvres parce qu’elles pendaient trop ?». Cette question est une terrible tentative de rentrer dans le plus intime de la vie d’un-e trans. On évite. Encore une fois : SEXE et GENRE ne sont pas du tout dépendant l’un de l’autre ! Et ce n’est pas le sexe qui définit une identité de genre. De plus, bon nombre de trans ne veulent pas faire d’opération de reconstruction vaginale ou pénienne. Enfin, ce qui se passe entre nos jambes ne regarde que NOUS. Vous, ça ne vous regarde pas. Pas plus que la taille de votre pénis ou l’aspect de vos petites lèvres.

3 – «Je peux voir des photos de toi d’avant ?»

Même topo que pour l’ancien prénom. Cela concerne un passé que la personne transgenre préfère garder pour ielle, et c’est un passé qui ne concerne qu’ielle. Un passé parfois douloureux. Derrière cette question des anciennes photos il y a bien souvent l’envie de voir comment la personne a évolué. Et donc ? Cela ne vous regarde pas. C’est de l’irrespect et encore une tentative de rentrer dans la vie privée de la personne.

Et encore, ce ne sont que 3 des questions les plus intrusives et les plus chiantes. Il y en a d’autres…

Si toutefois une de ces 3 questions venait à être posée, mon attitude est de ne pas y répondre et d’expliquer pourquoi, histoire que la personne ne reproduise pas ces erreurs plus tard 😉

Enfin, rappelons que ces règles de bonne conduites non-intrusives sur la vie des trans n’est absolument pas respectée par encore trop de médias, qui continuent à rappeler l’ancien prénom de la personne trans, font de longs paragraphes sur l’opération de reconstruction du sexe, n’hésitant pas parfois à diffuser d’anciennes photos (surtout dans les émissions de télévision).

Et pour conclure : Si la personne transgenre souhaite évoquer son propre passé, c’est d’ielle que cela doit provenir. Mais cela est rare…

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[Lecture] “Changer de Sexe – Identités Transsexuelles”

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Alors voilà. Chez CIGaLes (Centre LGBT Dijon – Bourgogne, dont je suis adhérente et administratrice), nous avons une bibliothèque assez fournie avec une littérature assez riche. Un bouquin était bien caché. Sa couverture assez peu attirante, est la facade d’un livre qui dit tout haut tout un tas de choses que j’avais assez de mal à exprimer clairement. Pourquoi « couverture peu attirante ». Car la présence du mot « sexe » semblait annoncer un ouvrage encore centré sur le sexe des trans, dont on verra plus tard, on se contrefiche.

Ce livre est écrit par deux femmes trans : Alexandra August-Merelle et Stéphanie Nicot, fondatrices de l’association Trans Aides. Rédigé en 2005, il présente un état des lieux sur la transidentité en 2005, qui n’a hélas que bien trop peu changé, quasiment 10 ans plus tard…

D’emblée les première pages rassurent : le vocabulaire sera clair, précis et non-pathologisant. Aussi sera employé de façon systématique « personnes transgenre », « Trans », « MtF », « FtM », « Cisgenre », etc. Bref tout un glossaire crée par les Trans et que nous nous sommes appropriés. On sent que la suite de la lecture sera agréable.

Plutôt que de vous faire une analyse détaillée et profonde de ce livre, je vais me contenter de mettre une série de citations que je trouvais vraiment justes, percutantes. AVERTISSEMENT : certains passages peuvent déclencher de douloureux souvenirs.

«Les proches prétendent souvent […] que l’usage du nouveau prénom féminin est un détail de l’histoire… Pour une trans, c’est tout simplement vital.»

«Seuls, les psychiatres et les magistrats s’évertuent à désigner les [trans] par leur sexe d’origine.[…] Dé-nommer, c’est déshumaniser.»

«L’ennui, pour nos amateurs de petites cases, c’est qu’une Transgenre n’entre -par définition- dans aucun schéma binaire, et ses partenaires non plus…»

 

«Les trans couchent souvent entre elles…»

Où, quand le rejet cisgenre entraîne une ghettoïsation entre trans, condamnées dès lors à ne sortir qu’entre elles, invariablement si elles sont hétéro, bies ou lesbiennes.

«[A propos des IST] Placer les trans en situation d’insécurité psychique et sociales, c’est les pousser à des conduites à risques […] On ne dira pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’une volonté délibérée de l’état de parier sur une “éradication blanche”, mais on voudrait y parvenir qu’on n’agirait pas autrement.
[…]un néo-vagin est tout aussi contaminable ou contaminant qu’un vagin cisgenre.»

Gros passage sur les IST (Infections Sexuellement Transmissibles). Il est bon d’insister là-dessus car les trans sont des personnes encore très touchées, une population à risque, très sensible.

«Concevoir le passage au féminin comme un abaissement, c’est la vision typique d’une femme qui a intériorisé la domination masculine»

A propos de Colette Chilland, psychiatre transphobe s’il en est.

«Le diagnostic va donc se poser sur la constance à demander et à souffrir du besoin de changement, c’est pourquoi une période de deux ans d’observation a été fixée»
Mireille Bonierbale, psychiatre. “Questions Face Au Transsexualisme“, 1998. [Cette psy exerce toujours, dans l’équipe de Marseille, NDA]

«On rappellera donc à ceux qui mentent délibérément aux personnes Trans, et à l’opinion, en prétendant qu’elle est « obligatoire », que cette période d’observation de deux ans n’est nullement un impératif légal.»

Juste après ce passage, je découvre avec effroi qu’il n’y a pas si longtemps on pratiquait des séances d’électrochocs sur les trans… Et qu’il est intéressant de découvrir que les psy qui osaient pratiquer ce genre de choses sont à la tête des … équipes « officielles » ! Vous serez fascinés d’apprendre aussi que l’Ordre des Médecins a été fondé sous le Régime de Vichy, et qu’il était de bon ton à l’époque -au sein de cet ordre- de livrer aux Allemands les médecins Juifs. J’imagine que de nos jours, cette culture de la déshumanisation s’est tour à tour projetée sur les homos, puis sur les trans.

 

«Un certain nombre de transgenre s’imaginent qu’elles deviendront de “vraies femmes” grâce à leur opération génitale. Pourtant, une vaginoplastie n’est pas un passeport pour la féminité.»

«Quand on voit les photographies de néo-vagins réalisés en France, on se demande devant quel film d’horreur on se trouve. Surtout en découvrant que ces prises de vues n’ont pas été effectuées en cours d’opération mais six mois voire un an après intervention.»

Note : cela est vrai encore pour la très très grande majorité des opérations réalisées en France. MAIS. Les choses commencent à bouger un peu de ce côté là. En effet, un chirurgien s’est posé les bonnes questions et a pris l’initiative d’aller se former sur les opérations de reconstructions pratiquées au Canada, en Thaïlande, etc. Les retours concernant ses opérations sont positifs. Il reconstruit un véritable appareil génital féminin (petites et grandes lèvres, clitoris et vagin) en étant très inspiré des techniques étrangères. Il travaille actuellement au sein du GRETIS de Lyon et il s’appelle Morel Journel. Et il réalise aussi des phalloplasties, qui sont d’après les retours que j’en ai de très bonnes qualité !

«C’est donc abordable pour beaucoup, mais toutes ne peuvent accéder des vaginoplasties de qualité, comme les jeunes Trans scolarisées sans travail ou confrontées à une famille hostile, et les filles sans emploi ou dans la précarité ; tout le monde n’a pas non plus une vie sociale riche, avec des amis fidèles et argentés susceptibles de prêter de l’argent. Tout le monde n’est pas non plus fonctionnaire ou assimilé pour avoir facilement un prêt bancaire à la consommation.»

En effet. Il faut bien prendre conscience que les trans c’est comme pour tout le monde : y en a des fortunées qui peuvent tout se payer en un rien de temps et n’avoir aucun soucis pour se payer le laser et/ou l’électrolyse, les opérations (pas que la vagino, mais les autres), ainsi que les consultations ; y en a des qui arrivent à boucler leur fin de mois mais qui doivent faire attention et donc des concessions, quite à devoir attendre plusieurs années ; et celles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, qui n’ont même pas les moyens de consulter un médecin généraliste pour avoir leurs ordonnance et qui par conséquent sont plus ou moins contraintes à l’automédication via le marché noir pour se faire filer leur THS. Dans cette dernière situation, la transition est souvent vécue comme un calvaire, avec souvent des pauses dans l’hormonothérapie, avec tous les risques de santé que cela peut entrainer, un corps qui tarde à être modifié, des poils dont il devient difficile de se débarrasser, et je ne parle pas des opérations qui deviennent dès lors inaccessibles.

 

«[…]certaines Trans croient se distinguer en passant du clan des non-opérées au club très fermé des opérées. […] valoriser en dévalorisant les autres n’est jamais signe de bonne santé mentale ni d’épanouissement personnel.»

Petit clin d’œil à ces trans qui se permettent de juger les autres du haut de leur opération et qui trouvent gerbant d’imaginer une femme avec une pénis.

 

«Voter, voilà l’acte citoyen par excellence. Une Trans, elle, a le choix entre s’abstenir ou être publiquement désignée. Dans un bureau de vote, la loi impose en effet d’annoncer à haute et intelligible voix les noms et prénoms de la personne[…]. Les autres électeurs voient une femme et on annonce Stéphane, Louis, Gaston.»

Ou comment se faire outer dans tout son quartier en trois coups de cuiller à pot.

«Pour résister, les personnes Transgenre ont à leur disposition l’article 9 du Code Civil (Loi n° 94-653 du 29 Juillet 1994).»

Attention, extrait d’analyse d’un légiste (gynécologue). Car bien trop souvent, le procureur veut une preuve tangible de l’opération ou non de la trans :

«elle est vêtue de façon très féminine avec une mini-robe arrivant au dessus des genoux […] on met en évidence l’orifice du néo-vagin qui acceptera sans difficulté un doigt large.».

Voilà voilà, ou comment organiser le viol légal… Et :

«Tous ceux et celles qui ont été violés sont marqués à jamais : égalité, fraternité, c’est pour la rime !»

J’insiste là dessus. C’est du VIOL. Personne, ni même l’Etat, ne devrait forcer une personne à écarter les cuisses pour estimer si le néo-vagin d’une trans est compatible avec la réception d’un pénis (c’est ce qui est recherché, faut pas se leurrer). De même, que ces pratiques honteuses, d’un autre temps, consistant en la mesure précise du pénis d’une trans et vérifier la stérilité de l’organe. Et si ça va pas => Article 9 du Code Civil, et Article 8 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (arrêt du 25 Mars 1992). Je rappelle que ces procédures honteuses sont encore demandées pour qu’une trans puisse changer son État-Civil !

«En France, l’État ne lutte pas contre les discriminations qui frappent les Trans, puisqu’il les organise.»

 

Dans la conclusion :

«Avant leur transition, elles avaient le statut privilégié culturellement dévolu aux hommes. Après leur transition, elles ne peuvent être dupes des modes d’exercices de la domination masculine. Les femmes cisgenre, elles, sont tellement habituées à la subir qu’elles l’ont intériorisée et la voient parfois plus.»

Donc une excellente lecture, que j’ai englouti en l’espace d’une journée à peine. Faut dire que le discours est clair, passionnant, et démonte nombre de clichés. On se rends compte qu’en 10 ans, peu de choses ont évolué : équipes « officielles » qui s’imposent comme passage obligatoire, psychiatres cyniques aux méthodes douteuses, changement d’Etat-Civil soumis à la condition d’être violé-e, car toujours AUCUNE LÉGISLATION permettant aux Trans de pouvoir changer leur identité de façon libre et gratuite ! Manque cruel d’intérêt des chirurgiens pour les opérations de vagino/phalloplasties. Toujours aucun remboursement des opérations réalisées à l’étranger alors que celles-ci coûtent moins chères et sont nettement mieux réalisées.  Toujours aucune protection légale des trans vis à vis de la transphobie. Et j’en passe…

Une note quand même concernant l’équipe du GRETIS de Lyon. Même si tout n’est pas encore parfait, c’est à ma connaissance la seule équipe qui prends en charge des trans hors-parcours et qui les intègre en cours de parcours, sans leur demander de tout recommencer.

Least but not last, ce livre est librement consultable en ligne ici.

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THS 11ème mois THS 1ère Année

THS – 10 Mois déjà !

Et voilà ! 10 mois ! Le compteur passe à deux chiffres. Cela va vite, vraiment vite.

Quelques nouvelles, même si je n’ai pas grand chose à dire. Ma transition avance doucement mais sûrement. Toutefois, je passe enfin à la vitesse supérieur, en adjoignant à mon THS le commencement d’une série de séances de LASER afin de faire disparaître de façon définitive ces poils disgracieux qui apparaissent sur le bas de mon visage. Et c’est ce Vendredi 14, à 8h30, que j’exposerai ces poils et surtout mes follicules pileux pour les faire éclater et prier pour qu’ils ne reviennent plus. Il faudra quand même pas mal de séances pour arriver à un résultat correct. Mais je pense que ça devrait aller vite. Et j’aurai un visage tout neuf !!

Côté seins, ça n’évolue guère depuis le mois de Décembre… Ils ne sont plus vraiment douloureux, ou périodiquement. J’arrive dans cette fameuse phase où la pousse de seins se ralentit fortement. C’était bien parti, dommage… Je pense aussi que le fait d’un choc émotionnel fin Décembre et du développement d’états dépressifs y sont pour quelque chose. Oui, mon moral n’est pas tout le temps au beau-fixe et j’ai encore du mal à me sortir de cette frustration amoureuse… De fait, j’ai du mal à me mettre en action pour me chercher un job, faire ce qu’il faut pour avoir mon vrai chez moi, et aussi faire avancer mon dossier pour mon changement d’Etat-Civil. Et les récents évènements que mon amie Julie a eut a traverser me refroidissent considérablement.

Mais bon, je ne désespère pas. Et puis dans deux mois, le 11 Mai, je fête mes 1 an de THS 🙂 Et je compte bel et bien fêter ça, et correctement !

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Parlons «Théorie du Genre» au Magazine de la Santé – Emission du 3 Mars 2014

Alors vous voyez à la télévision, on entends un peu de tout et n’importe quoi dès qu’il s’agit de « théorie du genre », ce truc fumeux aussi absurde que l’est la « théorie de l’évolution » ou la « théorie de l’héliocentrisme », inventé par nos détracteurs afin de décrédibiliser totalement le débat.

Bref bref. Comme à mon habitude, je regarde le Magazine de la Santé, qui est selon moi l’une des meilleures émissions du PAF, qui a d’ailleurs récemment fait un In Vivo (reportage en plusieurs partie diffusé sur une semaine) sur un trans FtM, se concentrant sur son opération de réassignation sexuelle (images fortes, mais de grosses émotions, j’ai été impressionnée !), et un autre In Vivo, plus récent, sur Le Refuge (si tu connais pas ami lecteur, c’est par là : www.le-refuge.org ).

En ce début de semaine, donc, installée devant mon programme favori, j’apprends qu’un psy va intervenir pour parler de la « théorie du genre ». Je me dis, pourquoi pas. Bien qu’un peu méfiante, notamment quand la veille sur Canal+ dans Le Supplément, ils avaient invité De la Rochère, de la Manif Pour Tous, même si je ne vois pas en quoi la programmation de Canal aurait une influence sur celle de France 5. Mais bon. C’est le Mag de la Santé et je me dis que ça ne peut pas être quelqu’un de foncièrement mauvais ce psy. Note : Il s’agit de Serge Hefez, psychiatre-psychanaliste.

J’écoute son intervention. Une très très agréable surprise. Rarement entendu des paroles aussi saines et aussi sensées !

Donc si vous voulez entendre et voir ça, c’est ici, à partir de 37:15. : http://www.allodocteurs.fr/video.asp?idvideo=396

Et si jamais la vidéo venait à disparaître, peu importe, j’ai disposé ci-dessous la retranscription intégrale ! Bonne lecture 😉

Marina Carrière-d’Encausse : C’est quoi cette fameuse « théorie du genre », rappelons là.

Serge Hefez : Hé bien justement, le problème de la théorie du genre c’est qu’elle n’existe pas, tout le monde craint une idéologie pernicieuse, qui viendrait dans la tête de nos enfants, et les troubler complètement.
Alors peut-être pour rendre les choses plus claires, ce que j’aurais envie de dire, c’est que tout le monde a sa théorie du genre, tout le monde fait la théorie du genre, sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Si vous dites à une petite fille, à votre petite fille : «Ma chérie c’est pas la peine de faire des études, ton destin c’est de te marier et d’avoir des enfants, c’est de tenir ta maison et de se sentir obéissante par rapport à ton mari», hé bien vous lui communiquez une théorie du genre. Si au contraire vous lui dite : «Une fille ça doit être indépendante, travaille bien en classe, et ne dépends jamais d’un homme parce que tu dois être libre et autonome», ce qu’on aurait tendance à dire aux petites filles, faut bien le dire, et bien on lui communique une autre théorie du genre. Si on dit à un garçon, comme les parents de Billy Eliott, un garçon ça ne doit pas faire de la danse mais du rugby, c’est une théorie du genre. Si on lui dit un garçon ça ne pleure pas, mais au contraire ça doit être fort, etc. Donc nous passons notre temps à communiquer à nos enfants des théories du genre. Si je vous dit, Michel [On lui avait mis du rouge à lèvre – NDLR], un garçon ça ne porte pas de rouge à lèvre, c’est une autre théorie du genre. Donc il n’y a pas une théorie, mais il y a des milliers de théories qui pourraient se référer à des milliers d’études sur le genre. Ça les études sur le genre, ça existe.

Marina : Il y a l’évolution culturelle aussi.

Serge : Bien sûr. Et des études dans le domaine anthropologique, philosophique, sociologique, dans tous les domaines il y a des études sur le genre. Par exemple si on dit, les femmes à études égales, gagnent 20% de moins que les hommes, et bien c’est une étude sur le genre qui permet de le dire, ça a une validité scientifique.

Michel Cymès : Simone de Beauvoir disait : «On ne naît pas femme, on le devient.» Alors, vous êtes d’accord avec elle ?

Serge : Oui et non. J’aurais envie de dire : on naît mâle ou femelle, incontestablement, et on devient homme ou femme. C’est à dire que ce passage de la biologie, de l’anatomie, à l’essence de l’être, et bien il est très complexe. C’est tout un cheminement, c’est tout un apprentissage. Et cet apprentissage il ne pousse pas dans la nature comme les mauvaises herbes, bien évidemment, ça veut dire que dès sa naissance, dans le reportage on l’a vu, le bébé il est là, il est pris dans un monde, où on va lui signifier qui il est, et comment il est. Le problème, c’est que beaucoup de la plupart de ces messages sont inconscients, c’est à dire qu’on ne tient pas, qu’on ne s’adresse pas aux bébés filles et aux bébés garçons de la même façon. Vous savez par exemple qu’on n’allaite pas les filles et les garçons de la même façon, il y a des études qui le montrent, on a tendance à à allaiter les bébés filles un petit peu à heure fixe, comme s’il s’agissait de les dresser d’une certaine façon, de les rendre obéissantes, et on a tendance à allaiter ou à donner le biberon au garçon à la demande, comme s’ils étaient déjà un petit peu des enfants-rois. Et tout le reste est un petit peu à l’avenant, les histoires qu’on leur raconte, la posture qu’on leur donne, il s’agit de diriger les garçons vers une certaine tonicité, virilité, activité, et de diriger les filles vers quelque chose de plus doux, de plus passif, et de plus obéissant aussi.

Marina : Alors d’où vient toute cette peur, toutes ces hostilités quand il s’agit de montrer le poids et l’impact de tous ces stéréotypes ?

Serge : Ben ça nous fait très peur de bousculer ce qui est des normes ancestrales, des normes qui sont liées à la Nature, à la nature des choses. Effectivement la nature des choses c’est qu’il y ait un principe mâle et un principe femelle, et donc on y accroche tout un tas de significations et de représentations. Et si on touche à ça, à cet ordre symbolique de la Nature, et bien on est un petit peu perdus. Donc pêle-mêle ça fait ressurgir tout un tas de choses, par exemple le fait que l’égalité des sexes ce soit l’indifférenciation entre les sexes, que les hommes et les femmes ne se désireraient plus les uns les autres, que tout le monde serait pareil, que tout le monde serait uniforme. Le danger de l’homosexualité il est énorme pour les parents, et on l’a beaucoup dans les SMS qui circulaient autour de l’école, cette homosexualisation des enfants, comme s’il y avait un danger là dessus, aussi, alors que ce que nous montre la réalité, c’est que quelques soient les cultures, quelque soient les époques, des plus permissives aux plus répressives, bah la question de l’homosexualité elle est la même partout à toutes les époques, et dans tous les temps.
Donc il y a quelque chose d’un peu irrationnel autour de ces peurs qui ressort, autour de cette théorie du genre.

Michel : Et puis on parlera des manuels scolaires, dans tout ce qu’on enseigne…

Serge : Dans les livres d’enfants, on en a beaucoup parlé, dans cette question des ABCD de l’Egalité. Enfin bon, je crois qu’il s’agit d’expliquer le plus sereinement possible ce qui se joue derrière tout ça.

Michel : Et il y a quelque chose qu’il est intéressant de savoir, que les gens ne connaissent pas bien, c’est que chez l’embryon, on a les organes sexuels qui permettent soit d’être mâle, soit d’être femelle, mais les deux sont là, et en fait il y en a un des deux qui involue, pour que l’autre puisse se développer. C’est à dire qu’au début, on est capables de tout faire.

Serge : Absolument, et je crois que psychiquement on est des individus universels, et qu’on dirige, qu’on trie, en fonction de nos capacités, celles qui vont plutôt être celles du masculin ou celles du féminin.

PS : Je vous parlerai de moi un peu plus tard. Va y avoir mes 9 mois THS bientôt, j’aurai quelques trucs à dire. Des trucs bien, et des trucs moins bien…

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Retour vers le Futur THS 1ère Année THS 8ème Mois

2013 est morte. Vive 2014 !

Je ne pouvais pas déroger à l’envie de rédiger un petit article bilan de mon année 2013.

Par où commencer ?

Pour résumer d’abord, ce fut année riche. Extrêmement riche en évènements. En nouvelles, bonnes, excellentes, et d’autres moins bonnes, voire vraiment mauvaises.

Mais tout d’abord, je vous propose d’écouter cette playlist, qui résume en quelque sorte cette année 2013. C’est le son que je lui donne. C’est pas codé, mais le choix des musiques est tout à fait réfléchi et reflète mon moral, mes sentiments, mon état à tel ou tel moment de l’année (c’est chronologique).

http://grooveshark.com/#!/playlist/2013+Soundtrack/93924365

Comment ne pas évoquer le début de cette année sans la joie que cela m’a procuré et me procure toujours, d’avoir enfin pu vivre en tant que femme à 100% ! C’était un pas nécessaire, que je n’ai pas eut trop de mal à franchir, en tout sincérité.

Le mois de Mars, très dense, avec notamment mon basculement d’identité numérique. Désormais je suis connue sur la Toile publiquement en tant que Damia.

L’obtention de mon THS fut une aventure à elle toute seule. Je vous recommande chaudement la lecture de cet article là qui illustre parfaitement cette quête, digne de la quête du Graal : Quand la passerelle prends des airs de montagnes russes

Et puis, le mois de Mai, avec le 11. Date de mon anniversaire, et date du début de mon THS. Cet article est fait pour vous si vous voulez en (sa)voir plus : 3ème vidéo – Première prise du THS

Ma TransBox me suit toujours 😉

Juin, avec la Marche des Fiertés à Paris. Ma 1ère fois 🙂 C’est émouvant, non ? :3 C’est le début de l’Été. Je repartirai de Dijon, lieu transitoire entre Paris et Martigues, le cœur lourd, chargé…

Cet Été sera marqué par un nouveau déplacement en Bourgogne, pour rendre visite à une amie, et me rendre à la 25ème Rencontre Nationale d’Infoclimat. Je repartirai de Dijon le cœur encore plus lourd…

Septembre arrive. Nouveau bouleversement dans ma vie. Je débarque à Dijon, pour m’y installer en fait.

Au moment où j’écris ces mots, je suis toujours à Dijon, hébergée par Julie. Quelques choses ne se sont pas déroulées comme je l’aurais souhaité, sentimentalement parlant notamment. La vie est ses aléas. J’en suis encore profondément marquée, il va me falloir du temps pour m’en remettre.

2014 arrive. Avec ses quelques espérances. Le changement d’Etat-Civil, qui je l’espère sera assez rapide. Sauf si une loi est pondue pendant ce temps… (AHAHAHAHA). Et puis, mon opération de réassignation. Va falloir que je me serre les coudes afin de pouvoir financer cette lourde opération. Et puis, peut-être que mon cœur sera guéri…

J’espère que dans un an, je pourrai lire cet article, sans regrets, sans me dire une fois de plus, que j’ai loupé quelque chose, que j’ai perdu du temps. Ma vie est si chaotique…

Allez ! Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente nouvelle année 2014, que celle-ci puisse être belle :).

En cadeau, ma bannière en version HD 😉

Banniere2014_HD

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THS 1ère Année THS 7ème mois THS 8ème Mois

7 mois de THS, bientôt 8 – Tout roule sur la Passerelle

Alors, que dire ?

Le 11 Décembre dernier je fêtais mes sept mois de THS. J’ai l’impression d’entrer dans la phase où les changements ralentissent.

Je publie ici mon graphique d’évolution de mon tour de poitrine. L’avancée est plutôt belle quand même. Par contre, ça a grandement ralenti lors du dernier mois. La seule chose que j’ai noté, c’est que mes seins ont tendance à s’arrondir, et à prendre un peu en densité.

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Donc à Dijon, j’ai pu entamer ma procédure de changement d’Etat-Civil. Pour le moment ce n’est vraiment que le tout début. La procédure d’aide juridictionnelle est sur les rails, et je vais avoir une certaine quantité de documents à produire pour constituer le dossier qui ira au TGI (Tribunal de Grande Instance). Cela va certainement prendre un certain temps, mais je suis confiante car il paraît qu’à Dijon ça se passe plutôt bien de ce côté là.

Côté médical, étant donné que j’ai du abandonner mon génialissime endocrinologue de Marseille, il fallut trouver autre chose ici. Et donc, c’est vers un médecin généraliste que je me suis tournée, et celle-ci m’a prolongé mon ordonnance. Tout rentre dans l’ordre donc :).

En Janvier, je m’occuperai -ENFIN- de faire de l’épilation laser pour mon visage. Parce que bon, jouer avec le rasoir c’est amusant, mais c’est… rasoir.

Et puis, côté famille, ça se réchauffe. Mon père m’a contactée. Il veut me voir pour les fêtes de Noël. Discuter de tout ça. Ce sera avec plaisir ! Donc entre le 24 et le 27 Décembre, je serai dans mon pays natal : la Dordogne 🙂 Et pour la première j’y serai en tant que moi-même !

Pour finir, quelques photos de moi-même, avec une chevelure quelques peu changée ;).

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Donc tout se passe bien sur cette chère Passerelle. Il y a eut quelques remous, mais ça, c’est d’ordre personnel, je vais éviter de m’étaler là dessus et sur mon blog.