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La cisphobie

Alors voilà. Ici sur Yagg, ailleurs sur les réseaux sociaux, j’ai de temps à autre droit à l’accusation « cisphobe ». Parce que j’interviens dans une discussion, je dis «Les cis ceci, les cis cela…».
Mais… Voilà, je ne fais que soulever certains points, en pointant évidemment les cisgenres et les privilèges que la société leur donne de façon systémique.

 

Mais mettons. Mettons que je sois cisphobe, et que la cisphobie soit quelque chose de réel. Pour ce faire il me faudrait une machine à remonter le temps. Je remonterais à une époque suffisamment lointaine pour renverser les pouvoirs de domination.

Changer de genre serait la norme.

On boosterait la recherche pour que l’obtention d’hormones sexuelles soit facilitée, et que dès la puberté, les adolescents soient contraints de changer de genre. Les opérations (réassignations sexuelles, mastectomies, mammectomies) seraient obligatoires dès la majorité (fixée à 18 ans). Les changements d’Etats-Civils seraient caduques car, dès la naissance, on attribuerait un prénom dont le genre est l’opposé du sexe de naissance. Les hommes devront porter des vêtements féminins, et les femmes des vêtements masculins.

Mais il y aurait des individus qui considèreront ça comme ne reflétant pas leur identités. Ces personnes là se qualifieraient comme étant cisgenre, c’est à dire que leur genre de naissance serait identique à leur genre vécu.

Pour ces personnes là ce serait compliqué. Compliqué car devant faire semblant de prendre leur hormonothérapies. Mais elles devront faire leur coming-out cis, et se révéler à leurs proches. Il leur faudrait user de procédure juridiques compliquées pour avoir un Etat-Civil conforme à leur genre de naissance. Ces gens là seraient discriminés. Obtenir un emploi et un logement serait un chemin semé d’embûches. La précarité toucherait ces personnes. Certaines devant se prostituer, les exposant au VIH et autres IST. Des équipes médicales très puissantes s’autoproclameraient « spécialistes en cissexualisme », et obligeraient les cis hormonés et opérés à devoir s’habiller dans leur genre de naissance. Le taux de suicide serait très élevés chez eux, bien plus que chez les trans.

Et à ce moment là, quand j’interviendrait sur un site, en commentaire, ou sur les réseaux sociaux, et que je m’exclamerait : «Hé ! Quel est le problème des cis ? Ils ont des privilèges, non ?» A ce moment là, oui on pourrait me dire que je suis cisphobe.

 

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Texte librement inspiré de cette excellente vidéo de l’humoriste Aamer Rahman sur le racisme inversé (ou racisme anti-blancs).

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Lecture Critique – Le Transsexualisme, par Colette Chiland, ed. Que Sais-Je ? , 2003

Alors voilà, j’ai un peu hésité à partager ce LiveTweet réalisé il y a environ 2 semaines, de cette lecture assez très pénible.  Je vous intègre ici même le Storify de ce LT. Inutile de vous dire qu’il faut vous attendre à des choses pas forcément agréables.

Ça se passe ci-dessous, faut lire et défiler.

 

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Les 14 phrases que les personnes transgenre ont marre d’entendre

Vu que Yagg parle des X phrases qui agacent profondément les gays puis les lesbiennes. Je me disais qu’il fallait que je fasse l’équivalent trans 😉

Avec des gifs animés de My Little Pony !

 

1 – «Hé bien on dirait pas que tu es trans»

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N’est-ce pas hein ? Malgré tous mes efforts… Dommage, j’aurais bien aimé qu’on voit de suite que je suis trans…

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Appel à témoins – La vie sexuelle quand on est trans

Bonjour,

Depuis quelques temps c’est un petit projet que j’ai en tête, parler en toute honnêteté et simplicité de ce qui est encore tabou, et bien trop souvent exotisé, érotisé : la sexualité trans. Et surtout celle des trans non-opéré-e-s.

Mes interrogations pourraient être les suivantes (Attention, ces questions ne sont là qu’à titre indicatif, ce n’est pas un questionnaire que je vous propose, elles sont là pour vous proposer des pistes de réflexions 😉 Mais si vous préférez êtres guidées par elles, ça marche aussi 🙂 :

  • L’utilisation du sexe ? Est-ce que les trans se servent de leur sexe comme le feraient des cisgenre, ou bien l’utilisent-il/elles de façon différente, contournée ?
  • Y a-t-il contact sexe à sexe (pénétrations, frottements ?) lors des relations ou bien est-ce plutôt le safe sexe qui est privilégié ?
  • Pour les trans lesbiennes non-opérées, dont la partenaire est cisgenre, la sexualité est-elle de type « hétéro » ou bien vécue comme étant lesbienne ?
  • Pour les trans gays non-opérés, dont le partenaire est cisgenre, la sexualité est-elle de type « hétéro » ou bien vécue comme étant gay ?
  • Partenaires trans. Sexe ou non ? Si oui, de quelles façon est-il vécu et/ou pratiqué ?
  • Mais aussi, est-ce que les relations sexuelles ont une importance ou non ?
  • Et la masturbation ?
  • … Bref, dites nous tout sur la façon dont vous faites l’amour, comment est-il vécu ?

L’objectif est démystifier cet objet qui est je trouve un peu trop tabou, et sur lequel on entends un peu de tout sans réel fondements. Et montrer aussi que la sexualité trans est toute aussi riche et diverse que celles des personnes cisgenre.

Une chose importante : Les témoignages seront évidemment ANONYMES ! Les seules infos que l’on saura sur les personnes seront leurs préférences sexuelles et les types de partenaires (trans ou cis).

Vous pouvez m’envoyer vos témoignages en MP si vous êtes inscrit-e-s sur Yagg, ou par email à dabouic[acrobase]gmail.com

En vous remerciant 🙂

PS : Il n’y a pas de date limite, disons que quand j’aurais une jolie compilation de témoignages, je les mettrais à disposition et j’en ferai aussi un synthèse. Je compte également parler de ma propre expérience car je suis en couple avec un FtM.

 

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Top 3 des questions à ne surtout pas poser à une personne transgenre

L’autre jour je discutais transidentité avec une personne cis’ qui voulait en savoir un peu plus. Soudain elle me demande mon ancien prénom. J’ai dit : NON. L’occasion pour moi de lister ici les trois questions à ne jamais poser à un-e Trans quand on discute avec ellui.

NoQuestions

Addendum. Suite à des réactions appelant à nuancer les propos sous-cités, je me dois de rajouter une petite note. Ce que je propose en suite de chaque question n’est pas un modèle type de réponse à apporter. Il va de soi que je n’incite pas à répondre de façon violente et brutale. Je n’appelle pas à la fermeture totale et hermétique sur ces questions. C’est plus une ligne de conduite adressée aux cisgenres vis-à-vis des personnes transgenre quand on découvre qu’on en a un-e dans son entourage, ou bien quand, à l’occasion d’une soirée, on découvre que l’on est trans. Je pars du principe de base que l’on doit nous respecter et ne pas chercher à connaître des choses de nous que l’on ne souhaiterait pas voir s’étaler sur place publique. C’est juste une série de bonnes pratiques à avoir.

1 – «C’était quoi ton ancien prénom ?»

Non. Désolée mais non. Cette question au demeurant triviale est une terrible tentative de vouloir extirper un passé oublié. Pendant une partie plus ou moins longue de sa vie, la personne transgenre a vécu avec ce mauvais prénom qui ne lui corresponds plus, et par conséquent ne veux plus rien avoir à faire avec. Et oubliez aussi le « jeu de devinette » consistant à faire une liste de prénoms dans le but de faire avouer à la personne son ancien prénom. C’est tout sauf drôle ! Même dans le milieu militant LGBT, il m’est arrivée d’apprendre qu’un responsable associatif avait sorti : «Allez, dis-moi son ancien prénom, c’est pour rigoler !» Non. Ce n’est pas drôle. C’est de la transphobie, au sens où l’on invisibilise totalement ce qu’est la personne transgenre actuellement.

2 – «Mais alors ? T’es opéré-e ?»

«Qu’est-ce que ça peut te foutre ? Je t’ai demandé moi si tu es circoncis / t’es faite raccourcir les petite lèvres parce qu’elles pendaient trop ?». Cette question est une terrible tentative de rentrer dans le plus intime de la vie d’un-e trans. On évite. Encore une fois : SEXE et GENRE ne sont pas du tout dépendant l’un de l’autre ! Et ce n’est pas le sexe qui définit une identité de genre. De plus, bon nombre de trans ne veulent pas faire d’opération de reconstruction vaginale ou pénienne. Enfin, ce qui se passe entre nos jambes ne regarde que NOUS. Vous, ça ne vous regarde pas. Pas plus que la taille de votre pénis ou l’aspect de vos petites lèvres.

3 – «Je peux voir des photos de toi d’avant ?»

Même topo que pour l’ancien prénom. Cela concerne un passé que la personne transgenre préfère garder pour ielle, et c’est un passé qui ne concerne qu’ielle. Un passé parfois douloureux. Derrière cette question des anciennes photos il y a bien souvent l’envie de voir comment la personne a évolué. Et donc ? Cela ne vous regarde pas. C’est de l’irrespect et encore une tentative de rentrer dans la vie privée de la personne.

Et encore, ce ne sont que 3 des questions les plus intrusives et les plus chiantes. Il y en a d’autres…

Si toutefois une de ces 3 questions venait à être posée, mon attitude est de ne pas y répondre et d’expliquer pourquoi, histoire que la personne ne reproduise pas ces erreurs plus tard 😉

Enfin, rappelons que ces règles de bonne conduites non-intrusives sur la vie des trans n’est absolument pas respectée par encore trop de médias, qui continuent à rappeler l’ancien prénom de la personne trans, font de longs paragraphes sur l’opération de reconstruction du sexe, n’hésitant pas parfois à diffuser d’anciennes photos (surtout dans les émissions de télévision).

Et pour conclure : Si la personne transgenre souhaite évoquer son propre passé, c’est d’ielle que cela doit provenir. Mais cela est rare…

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[Lecture] “Changer de Sexe – Identités Transsexuelles”

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Alors voilà. Chez CIGaLes (Centre LGBT Dijon – Bourgogne, dont je suis adhérente et administratrice), nous avons une bibliothèque assez fournie avec une littérature assez riche. Un bouquin était bien caché. Sa couverture assez peu attirante, est la facade d’un livre qui dit tout haut tout un tas de choses que j’avais assez de mal à exprimer clairement. Pourquoi « couverture peu attirante ». Car la présence du mot « sexe » semblait annoncer un ouvrage encore centré sur le sexe des trans, dont on verra plus tard, on se contrefiche.

Ce livre est écrit par deux femmes trans : Alexandra August-Merelle et Stéphanie Nicot, fondatrices de l’association Trans Aides. Rédigé en 2005, il présente un état des lieux sur la transidentité en 2005, qui n’a hélas que bien trop peu changé, quasiment 10 ans plus tard…

D’emblée les première pages rassurent : le vocabulaire sera clair, précis et non-pathologisant. Aussi sera employé de façon systématique « personnes transgenre », « Trans », « MtF », « FtM », « Cisgenre », etc. Bref tout un glossaire crée par les Trans et que nous nous sommes appropriés. On sent que la suite de la lecture sera agréable.

Plutôt que de vous faire une analyse détaillée et profonde de ce livre, je vais me contenter de mettre une série de citations que je trouvais vraiment justes, percutantes. AVERTISSEMENT : certains passages peuvent déclencher de douloureux souvenirs.

«Les proches prétendent souvent […] que l’usage du nouveau prénom féminin est un détail de l’histoire… Pour une trans, c’est tout simplement vital.»

«Seuls, les psychiatres et les magistrats s’évertuent à désigner les [trans] par leur sexe d’origine.[…] Dé-nommer, c’est déshumaniser.»

«L’ennui, pour nos amateurs de petites cases, c’est qu’une Transgenre n’entre -par définition- dans aucun schéma binaire, et ses partenaires non plus…»

 

«Les trans couchent souvent entre elles…»

Où, quand le rejet cisgenre entraîne une ghettoïsation entre trans, condamnées dès lors à ne sortir qu’entre elles, invariablement si elles sont hétéro, bies ou lesbiennes.

«[A propos des IST] Placer les trans en situation d’insécurité psychique et sociales, c’est les pousser à des conduites à risques […] On ne dira pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’une volonté délibérée de l’état de parier sur une “éradication blanche”, mais on voudrait y parvenir qu’on n’agirait pas autrement.
[…]un néo-vagin est tout aussi contaminable ou contaminant qu’un vagin cisgenre.»

Gros passage sur les IST (Infections Sexuellement Transmissibles). Il est bon d’insister là-dessus car les trans sont des personnes encore très touchées, une population à risque, très sensible.

«Concevoir le passage au féminin comme un abaissement, c’est la vision typique d’une femme qui a intériorisé la domination masculine»

A propos de Colette Chilland, psychiatre transphobe s’il en est.

«Le diagnostic va donc se poser sur la constance à demander et à souffrir du besoin de changement, c’est pourquoi une période de deux ans d’observation a été fixée»
Mireille Bonierbale, psychiatre. “Questions Face Au Transsexualisme“, 1998. [Cette psy exerce toujours, dans l’équipe de Marseille, NDA]

«On rappellera donc à ceux qui mentent délibérément aux personnes Trans, et à l’opinion, en prétendant qu’elle est « obligatoire », que cette période d’observation de deux ans n’est nullement un impératif légal.»

Juste après ce passage, je découvre avec effroi qu’il n’y a pas si longtemps on pratiquait des séances d’électrochocs sur les trans… Et qu’il est intéressant de découvrir que les psy qui osaient pratiquer ce genre de choses sont à la tête des … équipes « officielles » ! Vous serez fascinés d’apprendre aussi que l’Ordre des Médecins a été fondé sous le Régime de Vichy, et qu’il était de bon ton à l’époque -au sein de cet ordre- de livrer aux Allemands les médecins Juifs. J’imagine que de nos jours, cette culture de la déshumanisation s’est tour à tour projetée sur les homos, puis sur les trans.

 

«Un certain nombre de transgenre s’imaginent qu’elles deviendront de “vraies femmes” grâce à leur opération génitale. Pourtant, une vaginoplastie n’est pas un passeport pour la féminité.»

«Quand on voit les photographies de néo-vagins réalisés en France, on se demande devant quel film d’horreur on se trouve. Surtout en découvrant que ces prises de vues n’ont pas été effectuées en cours d’opération mais six mois voire un an après intervention.»

Note : cela est vrai encore pour la très très grande majorité des opérations réalisées en France. MAIS. Les choses commencent à bouger un peu de ce côté là. En effet, un chirurgien s’est posé les bonnes questions et a pris l’initiative d’aller se former sur les opérations de reconstructions pratiquées au Canada, en Thaïlande, etc. Les retours concernant ses opérations sont positifs. Il reconstruit un véritable appareil génital féminin (petites et grandes lèvres, clitoris et vagin) en étant très inspiré des techniques étrangères. Il travaille actuellement au sein du GRETIS de Lyon et il s’appelle Morel Journel. Et il réalise aussi des phalloplasties, qui sont d’après les retours que j’en ai de très bonnes qualité !

«C’est donc abordable pour beaucoup, mais toutes ne peuvent accéder des vaginoplasties de qualité, comme les jeunes Trans scolarisées sans travail ou confrontées à une famille hostile, et les filles sans emploi ou dans la précarité ; tout le monde n’a pas non plus une vie sociale riche, avec des amis fidèles et argentés susceptibles de prêter de l’argent. Tout le monde n’est pas non plus fonctionnaire ou assimilé pour avoir facilement un prêt bancaire à la consommation.»

En effet. Il faut bien prendre conscience que les trans c’est comme pour tout le monde : y en a des fortunées qui peuvent tout se payer en un rien de temps et n’avoir aucun soucis pour se payer le laser et/ou l’électrolyse, les opérations (pas que la vagino, mais les autres), ainsi que les consultations ; y en a des qui arrivent à boucler leur fin de mois mais qui doivent faire attention et donc des concessions, quite à devoir attendre plusieurs années ; et celles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, qui n’ont même pas les moyens de consulter un médecin généraliste pour avoir leurs ordonnance et qui par conséquent sont plus ou moins contraintes à l’automédication via le marché noir pour se faire filer leur THS. Dans cette dernière situation, la transition est souvent vécue comme un calvaire, avec souvent des pauses dans l’hormonothérapie, avec tous les risques de santé que cela peut entrainer, un corps qui tarde à être modifié, des poils dont il devient difficile de se débarrasser, et je ne parle pas des opérations qui deviennent dès lors inaccessibles.

 

«[…]certaines Trans croient se distinguer en passant du clan des non-opérées au club très fermé des opérées. […] valoriser en dévalorisant les autres n’est jamais signe de bonne santé mentale ni d’épanouissement personnel.»

Petit clin d’œil à ces trans qui se permettent de juger les autres du haut de leur opération et qui trouvent gerbant d’imaginer une femme avec une pénis.

 

«Voter, voilà l’acte citoyen par excellence. Une Trans, elle, a le choix entre s’abstenir ou être publiquement désignée. Dans un bureau de vote, la loi impose en effet d’annoncer à haute et intelligible voix les noms et prénoms de la personne[…]. Les autres électeurs voient une femme et on annonce Stéphane, Louis, Gaston.»

Ou comment se faire outer dans tout son quartier en trois coups de cuiller à pot.

«Pour résister, les personnes Transgenre ont à leur disposition l’article 9 du Code Civil (Loi n° 94-653 du 29 Juillet 1994).»

Attention, extrait d’analyse d’un légiste (gynécologue). Car bien trop souvent, le procureur veut une preuve tangible de l’opération ou non de la trans :

«elle est vêtue de façon très féminine avec une mini-robe arrivant au dessus des genoux […] on met en évidence l’orifice du néo-vagin qui acceptera sans difficulté un doigt large.».

Voilà voilà, ou comment organiser le viol légal… Et :

«Tous ceux et celles qui ont été violés sont marqués à jamais : égalité, fraternité, c’est pour la rime !»

J’insiste là dessus. C’est du VIOL. Personne, ni même l’Etat, ne devrait forcer une personne à écarter les cuisses pour estimer si le néo-vagin d’une trans est compatible avec la réception d’un pénis (c’est ce qui est recherché, faut pas se leurrer). De même, que ces pratiques honteuses, d’un autre temps, consistant en la mesure précise du pénis d’une trans et vérifier la stérilité de l’organe. Et si ça va pas => Article 9 du Code Civil, et Article 8 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (arrêt du 25 Mars 1992). Je rappelle que ces procédures honteuses sont encore demandées pour qu’une trans puisse changer son État-Civil !

«En France, l’État ne lutte pas contre les discriminations qui frappent les Trans, puisqu’il les organise.»

 

Dans la conclusion :

«Avant leur transition, elles avaient le statut privilégié culturellement dévolu aux hommes. Après leur transition, elles ne peuvent être dupes des modes d’exercices de la domination masculine. Les femmes cisgenre, elles, sont tellement habituées à la subir qu’elles l’ont intériorisée et la voient parfois plus.»

Donc une excellente lecture, que j’ai englouti en l’espace d’une journée à peine. Faut dire que le discours est clair, passionnant, et démonte nombre de clichés. On se rends compte qu’en 10 ans, peu de choses ont évolué : équipes « officielles » qui s’imposent comme passage obligatoire, psychiatres cyniques aux méthodes douteuses, changement d’Etat-Civil soumis à la condition d’être violé-e, car toujours AUCUNE LÉGISLATION permettant aux Trans de pouvoir changer leur identité de façon libre et gratuite ! Manque cruel d’intérêt des chirurgiens pour les opérations de vagino/phalloplasties. Toujours aucun remboursement des opérations réalisées à l’étranger alors que celles-ci coûtent moins chères et sont nettement mieux réalisées.  Toujours aucune protection légale des trans vis à vis de la transphobie. Et j’en passe…

Une note quand même concernant l’équipe du GRETIS de Lyon. Même si tout n’est pas encore parfait, c’est à ma connaissance la seule équipe qui prends en charge des trans hors-parcours et qui les intègre en cours de parcours, sans leur demander de tout recommencer.

Least but not last, ce livre est librement consultable en ligne ici.