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Au Revoir Marseille

Voilà. Aujourd’hui est mon dernier jour à Marseille.

Je me tenais là, en 2004. Du haut de l’Escalier Monumental de la Gare Saint Charles. Lieu de passage obligatoire selon moi si l’on veut avoir Marseille telle quelle. Je me souviens encore du choc. Le Mistral soufflant, hurlant presque. Le ciel bleu profond. Les collines inondées de Soleil au fond. Notre Dame de la Garde, à la silhouette désormais si familière. Un jour de début de Juillet 2004. Peut-être même la même date. Je n’y était passée que pour rendre visite à feu mon grand-père, l’espace d’un été, si loin déjà. Ce n’est qu’en Septembre 2005 que je retrouverai Marseille, et pour de bon. Les Beaux-Arts, Luminy, les Calanques, le Mont Puget. Tout ça me manquera.

Ce n’est qu’un au revoir !

Marseille, tu me manquera. Mais je reviendrai. Je t’ai parfois détesté, parfois aimé. Tes rues tortueuses en face de la Bonne-Mère. Tes rues agitées d’un Samedi après-midi. Le calme soudain d’une nuit près du Vieux-Port. L’impassibilité des monuments qui encadrent son entrée. La rectitude rigoureuse de l’Avenue du Prado et du Boulevard Michelet, de Castellane à l’Obélisque. Luminy plus loin. Les promenades le long de la Corniche, des plages du David et du Prado. Sept ans !

Demain, je prends le train pour Toulouse. Un ami passera me chercher pour m’amener chez lui, un peu plus au Sud de la ville. J’y serai le temps de l’été, au coeur des collines gersoises. Et puis, Paris m’attendra en Septembre. Peut-être y réussirais-je à y faire ma vie. Et à mon retour sur Marseille, si je parviens à m’arracher aux contraintes folles de la Capitale, j’aurais changée. Damia sera donc bel et bien de retour.

 

 

 

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Photographie Pré-THS

Je kiffe trop cette robe

Parce que c’est ce que j’ai de plus beau je trouve, et qu’elle me va à merveille. Enfin, c’est mon impression.

Des photos réalisées il y a plus d’un an. Clichés à refaire une fois le THS bien avancé. La première image fut celle de ma première photo de profil.

Bref, je kiffe trop cette robe.

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Pré-THS TransMilitantisme

Le Don du Sang chez les trans', c'est pas gagné MAIS…

Alors ce matin, enfin, en fin de matinée, après un rendez-vous chez Pole-Emploi, et vu que mon rhume était désormais bien fini (la forme olympique en cette matinée quasi-estivale sur Marseille), je me suis planifié un don du sang.

Hop, ni une ni deux, à l’EFS (Etablissement Français du Sang) de mon quartier pour aller approvisionner les Vampires (c’est ainsi que je nomme le personnel de l’EFS). Procédure habituelle : le questionnaire à remplir (juste un QCM), et le passage devant une personne chargée de prendre vos coordonnées (carte de donneur, confirmation de l’adresse et téléphone), impression des codes barre de suivi. Je reviens dans la salle d’attente, j’ai à peine le temps de lire le dernier Psychologie Magasine que l’on m’appelle pour l’entretien privé avec le médecin qui est chargé de vous poser des questions plus ou moins intimes. Bref ! Est-ce que je suis allé à l’étranger durant les 4 derniers mois ? Non. Eté en contact avec du sang ? Non. Eté traité pour X raison ? Non. Pris de la cocaïne ou de l’héroïne (véridique) ? Non. Eut des problèmes cardiaques ? Euh… Je réfléchis bien, et oui, j’avais eut quelques palpitations du coeur assez curieuses il y a environ 2 à 3 mois. Ceci est suffisant pour annuler mon offre de sang, motivé par le risque très faible et improbable que ces palpitations cardiaques puissent provenir d’artères coronaires défectueuses et que si on me pompe un demi-litre de sang je pourrais avoir un infarctus (oui rien que ça !). Et merde me dis-je, car j’aurais bien voulu donner quoi… Il va me falloir filer un électro-cardiogramme histoire de rassurer.

L’entretien touche à sa fin, mais une question surgit. Elle provient de moi.

« Je voudrais savoir, avant que l’on en finisse, est-ce que les personnes transgenres peuvent donner leur sang ?»

Question à priori banale mais qui semble comme assommer mon interlocuteur en blouse blanche. Il me fait répéter. Je change un peu le terme, passant de « transgenre » à « transsexuelle ». Immédiatement.

« Non parce que les trans ont forcément eut une relation homosexuelle, or les homosexuels ne peuvent pas donner leur sang
Cela j’aurais du le sentir venir à des kilomètres. Mais je continue sur ma lancée :

«Est-ce qu’une personne qui est sous THS, traitement hormonal, pour se transformer, peut donner sans sang ? Voilà le sens de ma question.
– Alors ceci est possible, les hormones ne sont pas un gêne au don du sang, c’est pas le problème.
– Okay, parce que écoutez, la personne qui envisage une transition ici c’est moi, je compte modifier mon corps et je voulais savoir si je pourrai encore donner mon sang. De plus, je n’ai eut aucune expérience sexuelle avec un homme (ni une femme d’ailleurs) et je ne suis aucunement attirée par les hommes. En quelque sortes, je suis, du point de vue de mon genre, homosexuelle.»

Silence, et incompréhension bien sentie de la part du médecin. Le préjugé est encore tenace : si l’on veut devenir une femme c’est que l’on est attirée par les hommes (fichue pensée binaire) et que l’on est donc homo (d’un point de vue sexe à sexe). Je parviens malgré tout à lui indiquer que cela n’est pas forcément le cas, et qu’il faut bien distinguer SEXE, GENRE et ORIENTATION SEXUELLE.

J’ai cuisiné un peu le médecin sur la raison du refus du sang fourni par les homosexuels. Il m’a justifié ceci par le biais de statistiques selon lesquels le VIH toucherait nettement plus les gays que les autres « catégories » de population. Par contre, aucun problème pour les femmes homosexuelles, qui peuvent donner leur sang. Ceci est assez curieux il faut l’avouer, car un hétéro peut très bien avoir le VIH et autres IST sans que l’on ne s’en rende compte immédiatement. Employer les statistiques pour effectuer un genre de tri entre les gens « pas aptes » et les « aptes » est assez hasardeux, en ce sens qu’il existe des gays qui ont un sang tout aussi biens que ceux de leurs confrères et consoeurs hétéro et gouines.

Retenez toutefois ceci : les personnes sous THS peuvent donner leur sang, les hormones ne sont pas un éléments disqualifiant pour le don du sang. MAIS, il va falloir encore faire de l’information au niveau de la distinction entre orientation sexuelle et le genre afin de ne pas être discriminés.

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The Last Rendez-Vous

Le dernier rendez-vous, avec le psy ? Non pas tout à fait. Enfin, plus dans mon « état » actuel.

En effet, hier ce fut l’occasion du 3ème rendez-vous avec mon psy, et on a discuté de dernier « détails », tels que l’acceptation pleine et totale que l’on s’adresse à moi à la forme féminine. Ou bien encore le simple « détail » de mon prénom, dont je lui ai expliqué les quelques motivations, et ce que je savais à son propos. L’importance capitale que pour moi revêt la transformation physique de mon corps tout en gardant à l’esprit les difficultés qui iront avec.

A la fin de l’entretien, j’avais l’impression d’être comme vidée, d’avoir exprimé ce que je voulais dire (au sens littéral, ou « ex-primer » veut dire « presser en dehors », avoir expulsé toute la substance en quelques sortes). Nous nous sommes donc tout dit je le pense, ce qui motive pour le moment la fin de nos entretiens.

Se tient devant moi la prochaine étape : avoir un médecin traitant (que je n’ai toujours pas), afin de constituer l’ALD (qui me donnera droit à une prise en charge par la Sécurité Sociale), ce qui pourra déclencher un premier rendez-vous chez un-e endocrinologue afin de débuter le THS. Enfin, si je ne fais pas de fausse route sur le bon déroulement de la marche à suivre… Tout ceci, pas avant Septembre, car entre-temps se déroulera mon installation à Gap et je tiens avoir un début de stabilité de mon côté pour pouvoir continuer sereinement ma transition.

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Totalement autre chose, concernant ma nouvelle, je publierais d’autres morceaux quand je l’aurais avancé un peu plus. Cette semaine je compte l’avancer de façon à vous proposer un nouveau chapitre Lundi prochain.

 

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La surprise du Vendredi, en fait celle du Mercredi.

Donc dans un article précédent je disais que je préparais quelques chose pour vous. Je comptais faire une Leçon n°4 d’Aubade, et puis les photos se sont avérées assez désastreuses, et j’avais mal préparé le « studio » (en tant que passionnée de photo, je me dois d’être assez exigeante).

Et puis a germé en moi l’idée de faire une vidéo. Face caméra, me présentant ouvertement devant la communauté. Il y a le risque que des gens tombent dessus, d’anciens potes surtout. Je prends ce risque. Après tout, s’ils découvrent ceci, c’est qu’ils cherchaient quelque chose de particulier, les petits coquins.

Je vous demande de ne pas diffuser autour de vous cette vidéo trop largement, ne serait-ce que pour me protéger.

Cette vidéo n’a pas été facile à faire, m’y reprenant à plusieurs fois sur plusieurs jours. Je vous demande de m’excuser pour les passages très très nasaux, j’étais (et suis à l’instant où j’écris ces mots) pas mal enrhumée. Je pourrais reprendre la phrase de @goldenm à mon avantage : «Je suis trans, et enrhumée, mais je me soigne *se mouche* ça aller !».

Voici le lien, accès privé évidemment.

http://www.dailymotion.com/video/k6TFMMbQtA2Vov36EYh

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Une rando un peu spéciale

Ce Lundi, je suis partie me balader dans mes collines favorites, à l’Est de Marseille. Il faisait bon, quelques écharpes de brumes s’abîmaient encore sur les massifs côtiers, et l’orage grondait en pays Varois. Je me suis dirigée vers une colline qui domine bien la Gineste ainsi que les Monts Saint Cyr. La vue ici est privilégiée. Je ne m’étais jamais vraiment rendue en ce point précis.
Mon coeur bat un peu. Je suis seule, je le sais, enfin je suppose. Je fais une énième observation des différents chemins visibles. Personne. J’avais fait une tentative, plus bas, avec un risque de passages de gens inconnus plus élevé. Je m’étais même mise en condition, tout été okay. Mais des gens arrivaient et je me suis dégonflée. J’aurais pu m’évanouir présentée ainsi.
J’ouvre mon sac, et en extrait une robe un peu estivale : teintes ocres jaunes, aux couleurs de Mars en somme. J’enlève cet horrible pantalon de toile à la couleur indéfinissable, ce tee-shirt trop large. J’enfile ma robe. Qu’il est bon d’être soi, dans un tel endroit… Je resterais une bonne heure et demi, perchée sur mon bout de colline, à contempler les orages se développer dans l’arrière-pays. Personne ne viendra m’ennuyer.

Et puis il faut repartir. Ce n’est pas qu’il se fait tard mais je n’ai pas envie de rentrer avec la nuit. Je choisi de redescendre de « mes » collines ainsi. Passage par un col, une série de chemins en lacet, puis le long d’une pente, avec des pins. Je parviens sur le chemin plus large, qui me conduira vers la route de Luminy, après un nombre incalculable de petits virages. Je m’y sens bien dans ma robe. Je laisse totalement éclater ma féminité. Mon corps n’est pas transformé ? Peu m’importe sur le moment. C’est Damia qui marche. Dans ces lieux qui me sont si chers. La douce caresse du Soleil couchant dans le vallon. Tout cela me paraît naturel. Je goûte intensément chaque instant, comme si c’était un rêve et que j’allais me réveiller dans la minute. Retenir ces instants…

Un son de voix. Lointain, mais clairement audible. On approche. Panique. Que faire ? Je trouve un recoin dans le vallon, entre quelques maigres arbres, peu suffisants à masquer ma présence. Je n’ai pas le temps de me faire la cérémonie d’adieu. Je défais la fermeture éclair de la robe, enlève les bretelles et met ce tee-shirt blanc. Vite vite ! Trop tard, un cycliste passe. Il n’a pas du me voir. Prochaine étape, remettre le pantalon. Je défais mes chaussures. Quelqu’un d’autre arrive alors que je n’ai même pas enfilée le pantalon et que ma robe entoure ma taille. Je dois donner l’impression de faire la grosse commission en pleine nature… C’étaient encore des cyclistes. Ils s’éloignent. Vite ! J’ôte ma robe, et met le pantalon. Je remet mes chaussures, et c’est fini. Me revoici dans mon costume d’apparat, celui qui ne provoquera pas de regards indécents sur ma personne.

Après ces quelques kilomètres parcourus en étant moi-même, j’en ressort encore plus convaincue que c’est la bonne chose à faire. Que cette transition physique, je la veux, au plus profond de mon être. Je repartirais heureuse.

***

Quelques infos sinon. J’arrive désormais à chasser toute forme masculine quand je m’exprime avec moi-même. Il y a encore quelques cafouillages mais ça va. J’ai du repousser le 3ème rendez-vous avec le psy étant donné que celui-ci était sur mes horaires de travail et que je ne pouvais pas m’y soustraire. Donc c’est dans un peu moins de 2 semaines que je le retrouve. J’espère que je vais enfin avoir de quoi progresser…

Pour Vendredi, je vous prépare une petite surprise ;).