Sur un bâtiment quelque part sur le Cours Julien… Mais chuuut ;).
Auteur/autrice : Damia
Donc dans un article précédent je disais que je préparais quelques chose pour vous. Je comptais faire une Leçon n°4 d’Aubade, et puis les photos se sont avérées assez désastreuses, et j’avais mal préparé le « studio » (en tant que passionnée de photo, je me dois d’être assez exigeante).
Et puis a germé en moi l’idée de faire une vidéo. Face caméra, me présentant ouvertement devant la communauté. Il y a le risque que des gens tombent dessus, d’anciens potes surtout. Je prends ce risque. Après tout, s’ils découvrent ceci, c’est qu’ils cherchaient quelque chose de particulier, les petits coquins.
Je vous demande de ne pas diffuser autour de vous cette vidéo trop largement, ne serait-ce que pour me protéger.
Cette vidéo n’a pas été facile à faire, m’y reprenant à plusieurs fois sur plusieurs jours. Je vous demande de m’excuser pour les passages très très nasaux, j’étais (et suis à l’instant où j’écris ces mots) pas mal enrhumée. Je pourrais reprendre la phrase de @goldenm à mon avantage : «Je suis trans, et enrhumée, mais je me soigne *se mouche* ça aller !».
Voici le lien, accès privé évidemment.
http://www.dailymotion.com/video/k6TFMMbQtA2Vov36EYh
Une rando un peu spéciale
Ce Lundi, je suis partie me balader dans mes collines favorites, à l’Est de Marseille. Il faisait bon, quelques écharpes de brumes s’abîmaient encore sur les massifs côtiers, et l’orage grondait en pays Varois. Je me suis dirigée vers une colline qui domine bien la Gineste ainsi que les Monts Saint Cyr. La vue ici est privilégiée. Je ne m’étais jamais vraiment rendue en ce point précis.
Mon coeur bat un peu. Je suis seule, je le sais, enfin je suppose. Je fais une énième observation des différents chemins visibles. Personne. J’avais fait une tentative, plus bas, avec un risque de passages de gens inconnus plus élevé. Je m’étais même mise en condition, tout été okay. Mais des gens arrivaient et je me suis dégonflée. J’aurais pu m’évanouir présentée ainsi.
J’ouvre mon sac, et en extrait une robe un peu estivale : teintes ocres jaunes, aux couleurs de Mars en somme. J’enlève cet horrible pantalon de toile à la couleur indéfinissable, ce tee-shirt trop large. J’enfile ma robe. Qu’il est bon d’être soi, dans un tel endroit… Je resterais une bonne heure et demi, perchée sur mon bout de colline, à contempler les orages se développer dans l’arrière-pays. Personne ne viendra m’ennuyer.
Et puis il faut repartir. Ce n’est pas qu’il se fait tard mais je n’ai pas envie de rentrer avec la nuit. Je choisi de redescendre de « mes » collines ainsi. Passage par un col, une série de chemins en lacet, puis le long d’une pente, avec des pins. Je parviens sur le chemin plus large, qui me conduira vers la route de Luminy, après un nombre incalculable de petits virages. Je m’y sens bien dans ma robe. Je laisse totalement éclater ma féminité. Mon corps n’est pas transformé ? Peu m’importe sur le moment. C’est Damia qui marche. Dans ces lieux qui me sont si chers. La douce caresse du Soleil couchant dans le vallon. Tout cela me paraît naturel. Je goûte intensément chaque instant, comme si c’était un rêve et que j’allais me réveiller dans la minute. Retenir ces instants…
Un son de voix. Lointain, mais clairement audible. On approche. Panique. Que faire ? Je trouve un recoin dans le vallon, entre quelques maigres arbres, peu suffisants à masquer ma présence. Je n’ai pas le temps de me faire la cérémonie d’adieu. Je défais la fermeture éclair de la robe, enlève les bretelles et met ce tee-shirt blanc. Vite vite ! Trop tard, un cycliste passe. Il n’a pas du me voir. Prochaine étape, remettre le pantalon. Je défais mes chaussures. Quelqu’un d’autre arrive alors que je n’ai même pas enfilée le pantalon et que ma robe entoure ma taille. Je dois donner l’impression de faire la grosse commission en pleine nature… C’étaient encore des cyclistes. Ils s’éloignent. Vite ! J’ôte ma robe, et met le pantalon. Je remet mes chaussures, et c’est fini. Me revoici dans mon costume d’apparat, celui qui ne provoquera pas de regards indécents sur ma personne.
Après ces quelques kilomètres parcourus en étant moi-même, j’en ressort encore plus convaincue que c’est la bonne chose à faire. Que cette transition physique, je la veux, au plus profond de mon être. Je repartirais heureuse.
***
Quelques infos sinon. J’arrive désormais à chasser toute forme masculine quand je m’exprime avec moi-même. Il y a encore quelques cafouillages mais ça va. J’ai du repousser le 3ème rendez-vous avec le psy étant donné que celui-ci était sur mes horaires de travail et que je ne pouvais pas m’y soustraire. Donc c’est dans un peu moins de 2 semaines que je le retrouve. J’espère que je vais enfin avoir de quoi progresser…
Pour Vendredi, je vous prépare une petite surprise ;).
Une rue de Marseille
En allant travailler. Une rue de Marseille, je laisse les connaisseurs deviner c’est pas amusant sinon.

Et puis ce blog manque un peu d’images. Je suis à court de pubs Aubades. Je compte en réaliser une d’ailleurs, j’ai eut une idée.
De choses et d'autres…
Envie un peu de causer, livrer mes dernières impressions, craintes, etc.
Lundi dernier, j’ai eut mon second rendez-vous chez le psy. Cela fut plus court que la dernière fois, je n’avais plus grand chose à lui dire. Et lui n’avait plus grand chose à vouloir préciser. Je lui ai bien montré que dans ma tête j’étais au clair avec ça : je dois changer ce corps pour le mettre en adéquation avec ce que je suis véritablement. Il veut me garder pour encore « deux ou trois séances ». Sauf que je ne vois même pas ce que je vais lui dire de plus… Raconter encore mon enfance, les interdits, les non-dits, les hésitations, la honte de…, etc. ? Mon passé je l’ai je pense assimilé et je l’ai compris. Lui dire quoi d’autre ? Que mon orientation sexuelle n’a rien à avoir avec mon genre ? Que oui je préfère les femmes mais que je ne veux pas ni ne peux envisager de relations -même temporaire- avec une autre dans CE corps-ci ? Que j’ai le sentiment, mois après mois, de vivre dans une cage et que les seules fois où j’ai l’impression d’être femme à part entière se déroulent sur ce site ? Je suis dans une impasse, c’est tout. Et le seul moyen de m’en sortir, c’est l’ALD et commencer le THS. Le temps file entre mes doigts sans être capable de le retenir…
J’ai demandé à uns de mes meilleurs amis, Vendredi dernier, alors que nous prenions le bus de retour depuis la Corniche si cela ne dérangerait pas que je m’exprime à mon propos à la forme féminine. Pas de soucis pour lui. C’est quelqu’un de formidable, je suis chanceuse… Les prochaines fois qu’on se reverra, ce sera donc Damia qui s’exprimera, et c’est génial :).
Pendant qu’à Paris se tenait l’Apéro des Losers, de mon côté je prenais part au vernissage de l’expo que j’ai aidé à accrocher cette semaine. Je n’ai pas évoqué ma transidentité à quiconque, n’y ayant aucune connaissance de confiance totale. Mais vers la fin, alors que je commençait à être embrumée par les vapeurs éthyliques, un groupe de personnes est arrivé, composé de mecs et de filles. Les mecs se sont rapidement isolés vers l’entrée, tandis que les filles, et moi, sommes restées dans la salle où se tenait le buffet. Une autre arriva en déclarant : «Bon les mecs se sont regroupés et discutent de trucs de mecs, on est mieux entre filles.» Fou rire généralisé, auquel je prends part, sans soulever la moindre suspicion. Je ne fais pas encore vraiment femme, mais j’ai bien signifié -Ô joies de la communication non-verbale- que j’étais plutôt de leur côté. C’était bien, un instant perdu dans le temps…
Voilà pour ces quelques maigres mises à jour d’une trans’ qui essaie d’avancer tant bien que mal. A bientôt !
Quelle soirée !
La nuit dernière, j’étais invitée à la pendaison de crémaillère d’un ami (J). J’y suis allée avec un ami (O), faisant partie du Cercle des Sept. Direction un village au nord de Marseille, alors qu’il fait chaud en ce 11 Mai. Question vêtement, je reste dans le classique : jean slim bleu et tee-shirt rouge. Je veux bien qu’on aille chez des amis, mais je n’allais pas sortir la robe rouge et talons aiguilles, que je n’ai pas d’ailleurs et c’est bien ça le drame.
Donc. on arrive en début de soirée, alors que le Soleil se couche derrière le Garlaban. Nous sommes les premiers arrivés. Petit détail, J est gay, en couple avec A. Il n’est pas au courant pour ma transidentitié, bien que je me doute que cela ne lui poserait pas trop de soucis. L’heure avance un peu, une ami de A arrive. La bise, bonjour enchantée (haha à l’oral on n’entends pas le « e » final), moi c’est [ancien prénom] (ce que j’aurais voulu dire Damia…). Quelque chose m’intrigue et attire rapidement mon regard : son pendentif porte sur une plaque deux symboles féminins imbriqués. Ah ben génial, une lesbienne :D. Je vais l’appeler G dans mon histoire car le A est déjà pris. Nous commençons par nous servir un peu à boire. Rosé pour moi, bière pour O, Caribean Rhum + orange pour elle, bière pour J et A. D’autres convives arrivent : un ancien voisin de J, la voisine du dessus, deux autres filles et un collègue de travail de J et sa femme. Les discussions s’enchaînent, nous buvons. Je reste sur du rosé, et j’attaque du rouge (du Bergerac).
Téléphone qui vibre. Ma mère qui me téléphone. Je m’absente du groupe, et m’isole un peu pour converser avec elle. Elle sait tout à mon sujet comme je l’ai dit, ça ne lui pose pas de problèmes, ni d’inquiétudes. Je suis déjà un peu -euphémisme- pompette. Voire assez éméchée :D. Bon, vaille que vaille, nous discutons, assez longuement d’ailleurs. Je lui évoque la fameuse anecdote de la salle d’attente («Bonjour Mesdames» Attends, tu peux redire ça ? *_*). Cela nous fait marrer. Elle me parle du paquet qu’elle m’a envoyé pour mon anniversaire, savoir si je l’ai bien reçu, je dis que non. Je dis aussi que j’aurais bien voulu une belle robe rouge. Je fais une fixation dessus mais c’est actuellement mon idéal. Même si j’en ai d’autre en tête. Bon, je m’écarte du sujet. Je verse quelques larmes à un moment, je ne sais plus pourquoi. Sans doute je devais lui dire que je vis quelque chose de rare. Nous raccrochons.
Retour. Mon ami O revient en ville, raccompagné par le couple d’ami. Les trois autres filles étaient parties avant, ainsi que l’ancien voisin. Un autre gars est arrivé entre-temps, que je nommerais M. Une shisha a été mise en route. WOUHAI !! Moi qui aime ça ! Nous sommes donc 5 : moi, G, M, J et son copain A. Une question arrive de la part de A :
«- Mais si t’es pas gay, alors t’es quoi ?
– Balaye le spectre LGBT, lui dis-je. Bon « L », on verra, G, non, B, non. Il ne reste plus que T.
– Transsexuel quoi ?
– Oui. Mais attiré par les filles. Pour ça que je réservais aussi le L. Compliqué hein ?
– Donc ça explique pas mal de trucs en fait.»
Ou comment faire un coming-out devant un groupe. G n’aura pas manqué de réagir en me disant qu’elle trouvait ça pas mal de l’avoir dit. J’ai le soutien de tous en fait, qui me disent que si c’est ce que je veux, je n’ai pas de complexes à avoir. Et puis nous parlons THS, vêtements, surtout avec G. Depuis quand j’ai « ça ». L’ambiance à ce moment là est quelque chose qui touche au rêve. Je me risque même à employer la forme féminine pour parler de moi, sans trop provoquer de réactions. Je dévoile aussi mon prénom, celui que je veux porter désormais. Je suis sur un petit nuage. Encore des gens bien formidables. Je leur demande de ne pas ébruiter ça. Je leur fait confiance.
Je passe la nuit chez eux. Et le matin, A : «Bonjour Damia». Moi je souris. «Ah non, je garde encore [ancien prénom] pour le moment, je vais attendre que soit devenu une femme». Comme il veut après tout, je ne vais pas commencer à me formaliser là-dessus.
Donc voilà pour cette soirée assez spéciale au final. C’est le genre de moments que j’espère vivre plusieurs fois. En attendant de me pointer à une soirée en robe rouge satinée, montée sur une paire de chaussures à talon aiguille (Maman, pense à mon anniversaire l’an prochain :D).
Merci de m’avoir lue :).