Adieu 2015, bonjour 2016

Voilà, comme chaque année depuis le début de ce blog, j’en profite pour tirer le bilan de l’année passée, sur Yagg, et sur cette Passerelle qui symbolise ma transition.

Je dois dire que ça a été une année plutôt riche et mouvementée. Ne sachant comment faire le bilan efficacement, j’ai opté pour diviser 2015 en quatre saisons.

Hiver

L’hiver 2015 a été marqué par pas mal de mouvements. D’abord hébergée, chez un ami admin de CIGaLes, à Quétigny, puis chez mon chéri, dans un espace bien plus réduit, j’ai finalement pu trouver de quoi nous loger, cette fois-ci en mon nom, à Dijon, dans un petit appartement, mansardé dit-on, avec kitchenette et jolie fenêtre pour observer les étoiles (en fait un logement situé sous un toit, avec une poutre au *aïe !* milieu à 1m70, et une cuisine dénuée de plan de travail et d’espaces de rangements. Toutefois, appartement très calme car très très bien isolé.

L’hiver 2015 aura été marqué aussi par le commencement concret de la transition de mon chéri, Tom-Alex. Voyant qu’il allait sombrer vraiment gravement, je me suis dit qu’il fallait prendre les choses en main et l’aider à avancer. Ce qui fut chose faite en Janvier avec l’obtention tour à tour de son attestation psy (par un psy extra qui exerce à Dijon, si vous voulez ses coordonnées, n’hésitez pas), et de son THS (auprès du seul endoc à peu près potable, du moins pour les FtM/*, les MtF/*, fuyez-le !). Et le 5 Février, il put enfin avoir sa toute première injection, que j’ai pratiquée moi-même.
Mais voilà, Février et Mars furent marqués de passages à vide, de moments très sombres, mais qui ne font que confirmer une chose : j’aime Tom-Alex et je veux faire ma vie avec lui !

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30 mois

Aujourd’hui, nous sommes le 11 Novembre 2015. Et en ce 11 Novembre, je célèbre mes 30 mois de THS. 30 oui, ça va très vite ! 2 ans et demi.

Et pour l’occasion, une vidéo, tournée en extérieur, sur le bord de la Dordogne, dans un coin bien paisible à Bergerac 🙂

Toutefois, pour les personnes qui ne pourraient pas lire la vidéo, un petit résumé ici.

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CIGaLes et moi

CIGaLes est une association LGBT dijonnaise. Son acronyme signifie « Collection Incroyable de Gays et de Lesbiennes ». Fondée en Décembre 1995, celle-ci s’occupe de questions autour des orientations sexuelles et des identités de genres.

Cette asso, ce fut la mienne durant mes deux années de présence à Dijon.

Cette asso aura laissé une marque indélébile dans mon existence.

Cette asso aura changé ma vie.

La première fois que j’ai entendu parler de CIGaLes ce fut en 2012, lors d’une sessions Skype avec la toute première personne trans que j’ai pu avoir en contact dans ma vie. Personne qui par ailleurs a eu un rôle déterminant dans ma vie et dans ma transition, en étant mon guide, ma référence, et surtout, une amie (j’en profite pour lui adresser mes remerciements infinis, et ma gratitude la plus sincère, tout ce qu’elle a fait pour moi est énorme). Ceci est important car ma 1ère visite chez CIGaLes ce fut lors du mois de Mars de l’année 2013, alors que je rendais visite justement à cette amie. C’était nouveau pour moi tout ça. Je n’avais jamais réellement côtoyé le milieu associatif LGBT. Je me retrouvais enfin avec des personnes partageant un vécu similaire au mien, du moins partie. J’étais encore loin d’être la militante que j’étais aujourd’hui, même si je commençais à me forger quelques idées sur quelques sujets. C’était un Jeudi soir, lors du temps convivial hebdomadaire proposé par l’association. Et je suis partie de cet endroit en me disant que je ne reverrai probablement plus jamais ce local, ni les personnes qui étaient présentes.

J’avais tort. Et l’avenir me le montrera.

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Réminiscences du passé

J’ai retrouvé cette image un peu par hasard. En supprimant quelques fichiers sur mon serveur.

Cette image date du 11 Février 2012. A Marseille, sur un Mont Puget couvert de neige. Comme une bulle de souvenir me revenant brutalement à la gueule, réveillant plein de souvenirs. Je me souviens dans le froid ensoleillé de cet hiver provençal, ma main se saisissant d’un caillou calcaire, juste à côté. Pour venir y graver ce symbole qui signifie tout pour moi. Ma transidentité. Je n’étais même pas inscrite sur Yagg. Ce blog n’existait même pas, et n’était même pas en projet. Je lisais d’autres blogs, de trans MtF comme moi qui avançaient dans leur transition. Afin d’être sûre et certaine. Mais je savais que j’étais sûre. Déterminée, suivre ce panneau improvisé. Rouillé, sans doute aussi âgé que moi, voire plus. Ce symbole gravé à la va-vite, de peur d’être vue, alors que là-haut, j’étais dans ma forteresse de solitude, sur « mon » Puget. Devoir marcher dans ces vêtements qui n’étaient plus miens. Un drôle de sentiment… Et ce traitement hormonal substitutif qui me semblait fantasmagorique à l’époque. Aussi improbable que puisse l’être cette neige près de la Méditerranée. Et pourtant… 13 mois plus tard exactement, j’ouvrai ma TransBox et entamait mon THS.

Une éternité semble désormais me séparer de ce moment où le calcaire est venu frotter la rouille, et maintenant, où j’écris ces mots.

Oui… Une éternité…

1 an de traitement hormonal !

 

Donc le 11 Mai dernier je fêtais mes 29 ans, mais également mes 1 an de Traitement Hormonal Substitutif (THS). L’occasion pour moi de revenir sur cette année passée.

Ce fut riche ! Une vraiment belle année. Après m’être débattue pour obtenir mon THS, et ce fut une bataille assez délicate, notamment éviter l’écueil de l’équipe médicale de Marseille, dirigée par la transphobe Bonieberale (bref, l’une des pires équipes de France), le 30 Avril j’obtenais enfin mon précieuse sésame vers des transformations de mon corps, pour le rendre plus conforme à l’idée que je me fais de ma propre féminité. Et le 11 Mai, j’ouvrais ma TransBox et prenait ma toute première dose. Quelle excitation ! Savoir que ces quelques molécules allaient progressivement effacer ce que je n’aimais pas chez moi. De bourgeons mammaires obtenus en 1 mois, en développement de mes seins les mois qui suivent, les changements furent assez efficaces, et je fut équipée d’une jolie poitrine bonnet B. Mes hanches ne tardèrent pas à suivre en augmentant légèrement en taille, prononçant une cambrure assez présente.

Mais… Récemment j’ai eut la frayeur d’apprendre, suite à une troisième prise de sang, que mon taux en œstradiol 17ß étaient bas. Vraiment bas. Petit point hormonal :

Testostérone pré-THS………… 5.44 µg/L
Testostérone THS+3 mois……0.39 µg/L
Testostérone THS+11 mois…..0.52 µg/L

Œstradiol pré-THS………………24 ng/L
Œstradiol THS+3 mois…………36 ng/L
Œstradiol THS+11 mois………..18 ng/L

Bref, je me retrouve avec un taux d’œstradiol en nette diminution. Et c’est pas bon, car je ne suis même plus dans les seuils bas d’une femme cisgenre. Donc récemment, avec l’appui de ma généraliste, j’ai doublé la dose d’œstrogènes.

Mais je crois avoir isolé les cause de tout ce marasme hormonal… A la fin du mois de Décembre j’ai vécu une profonde blessure sentimentale, s’en sont suivit des états dépressifs à répétitions… Je ne buvais plus d’alcool depuis que j’avais entamé mon THS, j’y suis revenue, parfois sans vraiment doser. Et tout ceci a fait que mon THS était moins important, plus routinier, et je le prenais plus tard.
Plusieurs observations. Le moral possède une force plus importante que l’on croit sur le métabolisme. Mes seins s’étaient brutalement arrêtés de croître début Janvier. Depuis, pas la moindre évolution. Depuis peu, avec la prise d’un THS plus costaud, je retrouve quelques petites douleurs à la pression. Seconde observation : L’alcool était pris dans des horaires similaires à la prise de mon traitement. Or, l’alcool est reconnu pour altérer les traitements (et pas que THS, bien d’autres). Encore une fois, le fait d’avoir repris l’alcool début Janvier coïncide parfaitement avec l’arrêt de mes changements morphologiques. Et dernière observation : L’heure de la prise du THS. Avant je le prenais vers 18h-19h. Et tout allait bien. Depuis Janvier, je le prenais tard, très tard, souvent vers 1h du matin, avant de me coucher. Ma généraliste m’a bien confirmé que le moment le plus efficace de la journée pour les hormones c’est le début de soirée.

Depuis trois semaines, j’ai cessé de boire de l’alcool.

Depuis trois semaines, mon moral va mieux. Bien mieux. Mes blessures sentimentales se comblent. Car j’ai rencontré l’amour. Le vrai. Celui qui marche dans les deux sens. Cela fait depuis le 23 Avril que nous sommes ensemble, et je flotte sur un nuage.

Et depuis deux semaines, je prends mon THS comme avant, c’est à dire entre 18h et 20h.

Je reprends contrôle de la situation, et je me sens mieux. Au moment où j’écris ces mots, mes seins sont de nouveau légèrement douloureux. Signe de reprise de la croissance ?

Mais rassurez-vous, j’ai toujours été confiante et déterminée dans ma transition, et ce ne sont pas quelques chiffes inquiétants qui vont me déstabiliser, croyez-moi !

Durant cette année, j’ai quitté Martigues pour Dijon. Je m’y plaît vraiment. Même s’il reste encore à régler le problème d’avoir un vrai job et un vrai chez moi, tout se passe plutôt bien. Je milite désormais au sein du centre LGBT CIGaLes, j’y suis administratrice, et je dois dire que c’est une très belle chose pour moi. Je peux enfin contribuer à quelque chose qui me touche de près.

J’entre désormais dans ma 2ème année de THS. Avec à la clé, peut-être, un voyage en Thaïlande.

Cet article, je le dédie à la personne qui partage mon cœur, comme un éclat de lumière dans les Ténèbres qui m’enveloppaient auparavant.

Fragments du Passé…

Je recherchais une photo dans mes archives quand j’ai eut l’envie de parcourir le dossier /2012/11/ de mon disque dur. A l’intérieur des photos de Décembre 2012. Puis celles-ci prirent sens sous l’angle de ma transition. Lieux de coming-out, lieux de souvenirs… A l’approche de la fin de ma première année de THS, je vous propose ces quelques mots concernant mon passé.


La façade de cette école c’est celle que je fréquentais lorsque j’étais en CP. Une lointaine époque pour moi. 1991/1992. Morceaux de mémoires qui constituent un puzzle désormais difficile à assembler correctement… A cette époque je n’étais pas encore troublée par toutes ces questions sur mon identité, mais quelques certitudes tout de même. Je préférais jouer avec les filles, même si leur univers me semblait définitivement hermétique. Les jeux de garçon m’ennuyaient… Je passais mon temps à rêver, seule dans la cour située à l’arrière de ce bâtiment d’un petit village du Périgord du Sud. « École de Filles ». Comme une résonance en moi, de ce passé encore plus ancien où les garçons et les filles devaient faire la classe séparément.

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Vue sur le vallon de Luminy. Nous sommes plus tard. Bien plus tard quand je parcours ces lieux. Les sommets que l’on voit ici, je l’ai tous parcouru. Leur vallons aussi. Et c’est perchée sur la colline de Vaufrèges, à l’Est de Marseille, que je commençais à m’exercer la voix, pour lui donner un rendu plus féminin. Difficile travail qui à l’époque ne me satisfaisait guère… Nous sommes début Décembre 2011. Et les choses vont s’accélérer…

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Encore Marseille. Encore ces roches éclatantes au Soleil sur ce ciel si caractéristique. Avec mon ami Olivier nous arpentons la Muraille de Chine, véritable défilé rocheux d’une splendeur qui n’a d’égal que sa dureté. C’est plus haut que je confierai à cet ami ma transidentité. Mon deuxième coming-out. Le premier ayant été réalisé devant l’écran froid de ma dalle LCD, jeté sur quelques pixels bien trop limités pour en exprimer toutes les nuances. Cet ami m’écoutera. Sera attentif. Compréhensif. Bienveillant. Merci Olivier.

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La fin du mois de Décembre. Repas de Noël avec la famille de mon père. Nous sommes en Gironde. Je pars pour une marche avec ma mère. Et je lui confie ma volonté d’abandonner cette vie de jeune homme qui ne me convenait plus, qui me mettait mal à l’aise, qui me dégoûtait presque. Ma volonté d’être une femme. D’être moi, tout simplement. Elle m’écoutera aussi, mais craintive. Son fils n’est pas tellement un fils. Nous converseront le long de cette route qui borde un champ. Cela sera intense, fort. Elle comprendra. Cette vue a été prise lors du retour à la maison de ma grand-mère.

Merci maman.

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Ce passé est avec moi, il est en moi. Il fait partie de moi. Je ne le regrette pas. Tous ces moments privilégiés avec mes amis, ma famille pour leur faire comprendre ma détermination sont précieux. Maintenant je suis libre. Fière d’être moi.