2013 est morte. Vive 2014 !

Je ne pouvais pas déroger à l’envie de rédiger un petit article bilan de mon année 2013.

Par où commencer ?

Pour résumer d’abord, ce fut année riche. Extrêmement riche en évènements. En nouvelles, bonnes, excellentes, et d’autres moins bonnes, voire vraiment mauvaises.

Mais tout d’abord, je vous propose d’écouter cette playlist, qui résume en quelque sorte cette année 2013. C’est le son que je lui donne. C’est pas codé, mais le choix des musiques est tout à fait réfléchi et reflète mon moral, mes sentiments, mon état à tel ou tel moment de l’année (c’est chronologique).

http://grooveshark.com/#!/playlist/2013+Soundtrack/93924365

Comment ne pas évoquer le début de cette année sans la joie que cela m’a procuré et me procure toujours, d’avoir enfin pu vivre en tant que femme à 100% ! C’était un pas nécessaire, que je n’ai pas eut trop de mal à franchir, en tout sincérité.

Le mois de Mars, très dense, avec notamment mon basculement d’identité numérique. Désormais je suis connue sur la Toile publiquement en tant que Damia.

L’obtention de mon THS fut une aventure à elle toute seule. Je vous recommande chaudement la lecture de cet article là qui illustre parfaitement cette quête, digne de la quête du Graal : Quand la passerelle prends des airs de montagnes russes

Et puis, le mois de Mai, avec le 11. Date de mon anniversaire, et date du début de mon THS. Cet article est fait pour vous si vous voulez en (sa)voir plus : 3ème vidéo – Première prise du THS

Ma TransBox me suit toujours 😉

Juin, avec la Marche des Fiertés à Paris. Ma 1ère fois 🙂 C’est émouvant, non ? :3 C’est le début de l’Été. Je repartirai de Dijon, lieu transitoire entre Paris et Martigues, le cœur lourd, chargé…

Cet Été sera marqué par un nouveau déplacement en Bourgogne, pour rendre visite à une amie, et me rendre à la 25ème Rencontre Nationale d’Infoclimat. Je repartirai de Dijon le cœur encore plus lourd…

Septembre arrive. Nouveau bouleversement dans ma vie. Je débarque à Dijon, pour m’y installer en fait.

Au moment où j’écris ces mots, je suis toujours à Dijon, hébergée par Julie. Quelques choses ne se sont pas déroulées comme je l’aurais souhaité, sentimentalement parlant notamment. La vie est ses aléas. J’en suis encore profondément marquée, il va me falloir du temps pour m’en remettre.

2014 arrive. Avec ses quelques espérances. Le changement d’Etat-Civil, qui je l’espère sera assez rapide. Sauf si une loi est pondue pendant ce temps… (AHAHAHAHA). Et puis, mon opération de réassignation. Va falloir que je me serre les coudes afin de pouvoir financer cette lourde opération. Et puis, peut-être que mon cœur sera guéri…

J’espère que dans un an, je pourrai lire cet article, sans regrets, sans me dire une fois de plus, que j’ai loupé quelque chose, que j’ai perdu du temps. Ma vie est si chaotique…

Allez ! Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente nouvelle année 2014, que celle-ci puisse être belle :).

En cadeau, ma bannière en version HD 😉

Banniere2014_HD

Une journée en demi-teinte (limite blasée)

Donc un article sans images, que du texte.

Ce matin je suis allée à Sausset-les-Pins voir mon médecin traitant, afin de pouvoir avancer de nouveau sur la Passerelle. Avant d’aller plus loin, il convient de signaler que je suis allée là-bas telle que l’on me voit sur les photos de l’article précédent ;). Dans la salle d’attente, une dame arrive. « Messieurs, dame ». J’étais la seule fille à attendre :). Quand mon médecin m’a vue, un grand sourire de sa part :). Et puis je lui ait fait part de ce que je compte mettre en place pour la transition. Je lui ait donné les coordonnées de mon psy de Marseille, lui ait dit que Vendredi je le verrai, et que je verrai aussi l’endocrinologue. Elle m’a certifié qu’à priori il n’y aura aucun soucis à ce qu’il me délivre mon traitement. Ensuite, elle m’a passé les coordonnées d’un dermatologue qui est juste à côté, et qui fait de l’épilation au LASER. Je compte assez rapidement me mettre en contact avec lui. La barbe, c’est la barbe. J’ai abordé aussi le sujet de ma pomme d’Adam, je devrais aller voir un ORL, et tant qu’on y est pour la partie du cou, le contact d’une orthophoniste sur Chateauneuf-les-Martigues. Un long moment fut consacré à la SRS (la chirurgie de réassignation sexuelle). Elle m’a parlé d’un chirurgien qui travaille à Milan. J’attends d’en apprendre plus à son sujet…

Et puis, j’ai passé le milieu de journée sur la côte, à admirer la mer, le Soleil, et à déguster un sandwich poulet-frites dans un snack près du port.

L’après-midi, je la passerai à Martigues, afin de faire quelques courses, et voir si je n’y trouverai pas le manteau de mes rêves. En vain. Je cherche une veste cintrée, de couleur blanche ou beige, ou bien dans les tons roses / rouge / bordeaux. Je tombe sur un Marrionaud. Je me dis qu’en cette période de soldes, je vais pouvoir trouver du fond de teint de qualité pour pas trop cher. La vendeuse m’explique calmement les choses, m’aide à trouver la bonne teinte. Et viens le moment du passage en caisse. Ce moment qui parviendra presque à me gâcher toute la journée :

«Je vais m’occuper de Monsieur. […]. Bonjour Monsieur.[…] Vous voulez une carte de fidélité Monsieur ?? […] Cela fera 20€ Monsieur. Merci Monsieur. Au revoir Monsieur. Bonne soirée Monsieur. »

Devant tant de « Monsieur » entendu en si peu de phrases, je bout intérieurement. Et ce ROSE ? Et ces SEINS (même si c’est juste un soutif rembouré). Et mes yeux maquillés au MASCARA BLEU ? Et mes chaussettes noires à pois ROSES dans des BALERINES ? Et ma démarche ? Et mon élocution ? Et j’ai droit à « MONSIEUR » ???

Je m’empresse de payer, de prendre mon fond de teint, et de disparaître dans la rue et faire les courses que j’avais à faire…

Y a des fois, je dois reconnaître que je suis d’une patience hors-norme.

Une petite anecdote peut-être ? (2nde édition)

Alors voilà, le genre de petit rien qui s’ajoutent au grand tout.

Donc il y a quelques jours, avec mon ami Clément -il fait partie des gens qui savent pour ma transition- nous étions partis faire des achats dans un Leroy-Merlin, près de Toulouse. La canicule arrivant, il voulait acheter une hélice de plafond, de façon à rendre plus supportables les chaudes nuits et les bouillantes journées. Nous passons en caisse, lui muni de son gros carton et moi d’une petite balise d’éclairage nocturne à 1€ que j’avais l’intention de dépecer en vue de futurs lightpaintings. Mais je m’égare, je m’égare aux morilles !

Nous voici devant la caisse, mais la dame nous fait signe et nous dit ceci :

«Désolée, mais cette caisse ferme, mais vous pouvez aller à celle d’à côté monsieur dame.»

Je ne note pas tout de suite et nous dirigeons vers l’autre caisse. Et mon ami, qui avait mieux écouté que moi sans doute, me fait remarquer :

« Hé hé, « Dame » ! » Avec un large sourire.

Moi, dans ma tête, les engrenages s’activent. Hannn mais ouiiii !! La caissière m’a prise non pas pour un homme, mais pour une femme !! Youhooo !! Un sourire se dessine sur mon visage, et s’élargit. Je ne trouve que ceci à répondre à mon ami :

«Oh… OH mais ouais !! Gééééniaaaal !! »

Que ce moment reste à jamais gravé dans ma mémoire, que je puisse mieux m’en souvenir les jours où j’aurais la sensation très désagréable que ma féminité s’envole. Encore du chemin à parcourir avant d’atteindre ceci :

 

 

Le point sur ma transition

Cela faisait un certain temps que je n’avais pas abordé avec vous mon état d’esprit actuel ainsi que mes quelques expériences.

Donc j’ai quitté Marseille. Je suis à présent hébergée chez un ami, au Sud de Toulouse (à Auterive exactement). Il fait partie du Cercle (vous savez, ceux qui Savent à mon sujet). Figurez-vous qu’il me laisse totale liberté d’habillement à l’intérieur de l’appart, en sa présence ou non. Pouvoir se déplacer avec les vêtements qui correspondent à mon genre est une totale satisfaction. Evidemment, il s’agit d’une forme de travestissement, il ne faut pas se le cacher. Je n’ai jamais revendiqué appartenir à la catégorie « travesties », en ce sens que je fais ceci pour moi essentiellement, et que cela me permet de me sentir bien (j’espère ne froisser aucun ni aucune « trav », si c’est le cas, faites moi s’en part). Cela dit, le physique lui n’évolue guère. J’ai fait une grosse séance d’épilation à la cire il y a environ 2 semaines, ce fut pour moi un cap, un autre élément à saisir de ma féminité. Je compte d’ailleurs faire une nouvelle séance de façon à bien éliminer ce qu’il reste. Cela est douloureux, mais je prends un plaisir intense à le faire.

Je suis actuellement dans l’attente. Une attente un peu douloureuse, étant donné que je ne suis en pays toulousain que pour encore un gros mois. C’est à Paris que tout devrais s’accélérer. Toutefois, je prends les devants en jouant de plus en plus sur une ambiguïté de genre. Je ne porte guère plus que mes pantalon slim flare (apparemment c’est le mot précis pour caractériser les pantalons qui serrent les cuisses mais s’évasent en allant vers les pieds). J’échancre mes chemises, applique ma coiffure au mieux, et tenter de soigner ma démarche. Une anecdote tenez : Je marchais en allant me balader faire quelques clichés, quand une voiture s’arrête à mon niveau à un croisement. C’était un type qui m’avait vue le jour d’avant, dans un champs en train de photographier (encore ??). Il m’avait interpellée, j’ai pas trop sût ce qu’il me déblaterrait. Je me suis donc barrée. Et ce même personnage, du genre pacoulin, sort de son véhicule. Ses premiers mots : «Bonjour Madame, euh, Madem- euh Monsieur… Euh, oui voilà.» Moi : «Bonjour» de ma plus belle voix. Lui : «Vous savez que c’est une propriété privée, qu’il y a des chiens, bla bla […]». Je vous épargne le discours sur le fait que je ne faisais que prendre des photos tout ça. Il est reparti en me saluant poliment, mais visiblement un peu perturbé parce qu’il avait en face de lui. Au moment même où son véhicule s’est éloigné, je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire. Mais cela m’a fait plaisir d’avoir eut droit à un « Bonjour Madame ». Comme quoi…
J’ai pu faire quelques soldes à Toulouse, et j’en ai ramené une jolie chemisette rouge et un slim cette fois-ci, noir. Cela me donne une apparence plus androgyne encore que ce que j’avais à la base. Je compte enrichir ma garde robe dans ce sens. J’ai pu constater que de plus en plus souvent, je n’ai pas droit à un « Bonjour Monsieur » mais à un « Bonjour » tout court. Les gens ne savant peut-être pas à quel genre m’accorder quand ils me voient (ou bien c’est moi qui me fait des idées,  allez savoir…). Ma voix toutefois trahit. J’y travaille.

Tout ceci n’est qu’une mise en bouche dans ma transition. Je suis encore bien loin d’avoir accompli le chemin, d’avoir franchi cette passerelle qui est la mienne. Le mois prochain, je vais poser les premiers jalons de ce chemin, en commençant à lister puis prendre contact avec des médecins traitant et des endocrinologues qui accepteraient de m’accompagner dans mon THS (et l’ALD pour la première personne), sur Paris. J’ai hâte. Vraiment. Il reste encore tant à faire…

La semaine prochaine, et dès ce WE, je ne serais pas à Auterive. En effet avec mon ami, nous montons du côté de Dieppe pour participer à la rencontre d’été organisée entre les passionnés de météo auxquels j’appartiens. Je compte faire un CO auprès de quelques personnes que je fréquente régulièrement sur IRC (un protocole regroupant un nombre invraisemblable de salons de discussion). Et ce devrait être la dernière fois que tous me connaîtrons sous cette « apparence ». Si je peux commencer mon traitement disons fin Septembre, Octobre au pire (mais s’il faut attendre encore un peu, hé bien j’attendrais…).

Pour terminer, quelques images de moi-même réalisées en fin d’aprème, j’ai joué avec ma robe blanche et les innombrables Soleils qui filtraient au travers du store.

Oui je sais, j’aurais du sourire ;).

Une petite anecdote peut-être ?

Cela s’est passé il y a nombre d’années, j’étais encore chez mes parents. Je devais avoir 19 ans environ. A cette époque j’avais entamée la pousse de mes cheveux, qui bouclent comme pas possible. Ceux-ci me tombaient sur l’épaule, je les adorait. Donc bref.

Un jour avec ma mère, nous étions en salle d’attente du dentiste, avec juste nous deux. Soudain arrive un monsieur, qui après nous avoir rapidement regardés nous adresse un «Bonjour mesdemoiselles». Léger blanc. Moi un peu confuse, mais cela me fait curieusement plaisir. Ma mère réponds en lui adressant le bonjour, et moi aussi. Ma voix semble embarrasser un peu l’homme qui va s’asseoir, et me dit : «Excusez moi jeune homme.» Dommage quelque part me dis-je dans ma tête. Cette situation a fait rigolé ma mère. Moi aussi j’ai trouvé ça amusant. A cette époque là, ma barbe se développait vraiment à peine, très timidement, juste un léger duvet au menton, très peu fourni. Avec ma chevelure fournie, et peut-être mon allure, plusieurs fois l’on m’avait adressé des bonjour mademoiselle, bonjour madame.

J’espère pouvoir revivre ça à nouveau, me laissant de nouveau pousser la chevelure ces temps-ci et prenant une certaine application à raser régulièrement cette barbe qui m’horripile.