Petit Dictionnaire à l’Usage des Personnes Cisgenres

Préambule

A l’instar du Dictionnaire Superflu à l’Usage de l’Elite et des Bien Nantis de Pierre Desproges, sans son humour toutefois, je vais faire un petit dictionnaire à l’usage des personnes cisgenres. Face à l’ignorance et à l’incompréhension crasse, il me semblait nécessaire. Toutefois il existe d’autres dictionnaires sur la Toile, de même nature, mais dont la lecture est fastidieuse et peu avoir tendance à agacer. Classé par ordre alphabétique, c’est à dire le « A » avant le « B », le « B » avant le « C » et ainsi de suite jusqu’à la lettre « Z », qui ne comportera pas de toute façon de définition, eu égard à la pauvreté de la langue française, et mon incompétence crasse à faire un néologisme commençant par cette lettre. Il en va de même pour les lettres « V », « W », « X » et « Y ». Bien que XY et XX devraient être définis. M’enfin, cet ouvrage formidable se suffit à lui-même pour éviter de s’attarder sur de telles circonstances.
Il va de soi que les mots choisis dans ce PTDUC ont été soigneusement choisis par toutes les compétences qui se puissent rencontrer sur mon lit, c’est-à-dire moi et mon chéri sur mes genoux, car Mars est frisquet.
Vous pouvez contester chacune des définitions et ne pas m’adresser vos cistears dans le champs des commentaires au pied de cet ouvrage prodigieux.

Ont été volontairement écartés de cet ouvrage hors du commun les mots inappropriés, dégradants, insultants, voire à caractère transphobes tels que [Trigger Warning, Déclencheurs, surligner le texte pour les lire] :

– Travelo,Shemale,Sissyboy, Garçon manqué, Ladyboy.

Et des mots qui font de la peine comme :

– Égalité, Vivre-Ensemble

Juan annonçant son changement d’Etat-Civil, lors de la Convention Unique En Son Genre, lors d’une démonstration tendant à prouver l’absence d’uropygienne chez le canard-genre.

 

• AFAB/AMAB

De l’anglais « Assigned Female At Birth » / « Assigned Male At Birth », signifiant littéralement « Assigné-e Femelle À la Naissance / Assigné-e Mâle À la Naissance ».  On lui préférera Femme et Homme plutôt que « femelle » et « mâle ». Acronymes employés pour désigner le genre assigné à la naissance de toute personne, qu’elle soit trans et/ou non-binaire ou cisgenre. Cette expression permet d’éviter d’une certaine façon le cissexisme mais prudemment toutefois, car il peut être aussi empreint de pas mal d’essentialisme.

• Agenre

De « a » = absence, et de « genre »= genre donc. Absence de genre. Personne qui n’est d’aucun des genres masculin, neutre, fluide, bigenre et féminin (seront définis plus loin). Peut être confondu avec le genre neutre, avec erreur. Pronoms à utiliser : « il » , « iel », « ul » ou « elle », selon la volonté de la personne. Toujours lui demander avant.

 

• Androgyne

De « ανδρος » (andros) = homme et « γυναικος » (gunaïkos) = femme. Terme signifiant littéralement « individu homme-femme ». Il s’agit généralement d’une personne dont le genre sera difficile à déterminer du fait de son apparence physique et vestimentaire. La recherche de l’androgynie est bien souvent une étape pallier durant la transition d’une personne trans, qui peut lui procurer un certain confort car son genre sera socialement délicat à déterminer. Chez l’individu non-binaire, cela peut être un idéal, une zone transitoire, une recherche de perfection, voire un acte politique dans le but de mettre à l’épreuve les mécanismes de réflexions binaires de notre société.

 

• Bigenre

De « bi » = deux. « Genre », j’ai plus besoin de vous faire un dessin. Personne qui s’identifie aux deux genres parmi les genres féminin, masculin, neutre, non-binaire, etc.  Dans le même temps. Peut s’apparenter à la fluidité de genre, mais il n’y a pas de notion de mouvement sur le « spectre des genres ». Pronoms à utiliser : « il », « iel » ou « elle ». Toujours demander avant.

 

• Binaire

Conception des genres selon laquelle il n’en existe que deux : féminin et masculin. Réapproprié parfois pour se définir totalement masculin ou totalement féminin. A opposer avec non-binaire (défini plus loin). Et je vous vois venir les voisin-e-s. La notion de personne trans binaire est une notion absurde. Devrais-je me justifier ? Non. Bon.

• Cafard

Forme de vie parasite vivant dans les tréfonds des Internets, se réunissant massivement dans la Discord, et aimant -paradoxalement les Raids©. Utilisant force imagerie livrant à la Sainteté et la Postérité des gens comme Etienne Klein (ce qui force le respect), cette forme de vie parasitaire puise sa force et son énergie dans une auto-félicitation bruyante, une surprenante capacité en la création de comptes multiples sur la Toile, et la volonté indicible de vouloir en finir avec leurs ennemi-e-s juré-e-s que représentent tour à tour les Féministes de la Waffen SS, les soviétiques convertis à l’Islam, les bobos (à l’instar de Mercurochrome), ainsi que, de façon fort surprenante, les gouines, les trans, les trav’ et les pédés, qui n’en demandaient pas tant.
Cette forme de vie est très difficile à éliminer et l’on rapporte que même les explosion thermonucléaire et la pénurie de PQ dans les Yvelines conjuguées ne serait de nature à éradiquer complètement ce parasite.
Selon les travaux du Professeur Noël Vingt-Cinq (du XVIIIème arrondissement de Paris), un nouvel embranchement devrait être crée, d’où le terme controversé de Mites de la Nation.

• Chiland (Colette)

Célèbre psychiatre cisgenre transphobe de la 2nde moitié du 2ème millénaire, cette triste femme force le respect par sa longévité. Les dernières estimations évaluent son âge à 365 ans ! Ce qui est colossal.  Sa haine envers les personnes transgenres est telle que celle-ci va aller jusqu’à qualifier la volonté de changer de genre ou de sexe, merci de ne pas confondre avec l’appareil génital, car, Dieu soit vendu, on ne le change pas, on le reconstruit, bref, qualifier donc, cette idée de folle. Ce qui est cohérent avec ce personnage sombre et froid dont l’autrice préconise aux lecteur-rice-s de mettre à une distance raisonnable vis-à-vis de cet être nuisible, dont la lecture critique d’un de ses ouvrages fut faite ici.

• Cisgenre

De « cis » = « du même côté ». Quand le genre d’une personne se situe du même côté que son genre assigné à la naissance. Constitue une grande partie de la population. Elles-mêmes ces personnes ne savent pas qu’elles sont cisgenre, et peuvent parfois trouver ce mot dédaigneux. Qu’on se rassure, ce mot fut créé en contraste du terme « transgenre », qui sera défini plus loin. Peut trouver une équivalence sémiologique avec « cissexuel-le » (voir « Sexe »).

 

Cisphobie

De « cisgenre » et « phobie » = rejet. Construit à l’identique des mots « transphobie » ou « homophobie », ce terme caractérise une oppression fantaisiste imaginée par les personnes cis à leur égard quand on leur fait remarquer leurs privilèges. Qu’on se rassure, ce mot -tout aussi effrayant soit-il- ne peut en aucun cas avoir une base concrète et se situe à des années-lumière des oppressions subies par les trans, qui sont bien réelles (violences physiques et psychologiques).
Voir aussi à : misandrie, racisme anti-blanc (ou inversé), hétérophobie. Termes qui sont, bien évidemment, tout aussi absurdes, termes très en vogue dans les milieux cul-pincés de Valeurs Actuelle ou Les Mites de La Nation (voir : « Cafards »).

 

• Cisplaining

De « plaining », dérivé de « explaining » = expliquer. Peut se traduire sous la forme « cisplication ». Acte durant lequel une personne cisgenre explique à une personne transgenre comment militer, comment se définir, comment vivre, comment faire, comment se curer le nez, etc. Il s’agit d’une méthode assez répandue selon laquelle les personnes cisgenres pensent être mieux placé-e-s car n’étant pas concerné-e-s. Alors que bon, c’est justement les personnes concernées qu’il faut écouter. Vous écouteriez Frank Sinatra expliqué par Michel Chevalet ? Non ? Bon.

 

• Cissexisme

Grille de lecture dérivée de l’essentialisme, appliquée aux personnes trans. Cette forme d’oppression, ou plutôt de mécanisme oppressif, considère que la catégorisation genrée, la création des classes sociales Homme et Femme, doit reposer sur la stricte distinction de deux appareils génitaux clairement différenciés, de corps clairement différenciés, d’hormones clairement différenciées, de chromosomes clairement différenciés. On le voit, cela fait beaucoup de conditions pour au final nourrir un système qui est responsable non seulement de la transphobie, mais également de l’homophobie et du sexisme. Patriarcat, je dis ton nom : Roger.

 

• Cistears

De « tears » = larmes. Acte durant lequel les personnes cisgenres trouvent les personnes trans trop revendicatives, notamment en mettant en avant leurs privilèges et faisant fi du caractère systémique de la transphobie. Exemples :
«Je trouve blessant que tu t’adresses à moi en disant que je suis cisgenre, je ne suis pas que ça…» ;
«Peuh ! Je suis désolé-e hein, mais je en tant que cis je suis discriminé-é car je suis cis.»
«Je refuse qu’on me mette dans une case comme ça, c’est injuste.»
«Y Sous !»
«J’ai dit il au lieu de elle et maintenant il me fait la gueule et dit à tout le monde que je suis transphobe :((((»

• Drag-Queen/King

Personnes cisgenres (ou non), se travestissant (ou non) dans un but soit festif, soit du spectacle, avec une forte réappropriation (voire exagération) des stéréotypes liés au genre dans lequel ces personnes voudraient être vu-e-s en ces circonstances. Peut être lié au transformisme, mais pas obligatoirement. Les Drag* créent leurs propres personnages et ne font pas que se déguiser, mais les vivent vraiment, totalement, l’espace de leur performance.

 

• Dysphorie

Du grec δύσφορος (dysphoros), de δυσ- : « difficile », et φέρω : « à supporter ». Le contraire de l’euphorie. Dans notre cas, c’est le genre assigné à la naissance qui est difficile à supporter, ainsi que toutes les conséquences liées au corps et au genre social. Profond mal-être vécu par les personnes transgenres et non-binaires (sera défini plus loin), pouvant entraîner un profond dégoût de soi-même. La seule issue bien souvent à ceci est d’entamer une transition afin d’atteindre une zone dite « de confort » où l’on sera à l’aise avec son corps et son genre social.

 

• Féminin

Genre correspondant à un des deux bords du spectre des genres. Opposé au genre masculin. Une personne féminine correspond aux critères d’apparence, de comportement, et bien souvent biologiques, d’une société à un moment donné. Peut varier, et peut être approprié et réinterprété par les personnes concernées selon leur ressenti. Pronom à utiliser : « elle ».

 

• Fluide

Genre fluide. Genderfluid en anglais. Caractérise les personnes dont le genre sera en constant mouvement par rapport à leur genre assigné à la naissance. Une personne fluide pourra se sentir féminine, masculine, neutre, agenre ou bigenre, selon l’évolution de son ressenti, et il peut être extrêmement variable. Cela peut s’accompagner de dysphorie ou non, et d’hormonothérapie ou non. Pronom à utiliser : « il », « iel », « ul », « elle », selon la personne (pour ça faut lui demander).

 

• FtM

De « Female to Male ». Femelle vers Mâle. Caractérise les personnes assignées femmes à la naissance qui se trouvent être des hommes. On parlera plutôt d’hommes trans, car FtM peut éventuellement renfermer une notion essentialiste («Ouais mais à la base c’est une femme qui devient un homme quoi !»). Bref. Bon.

 

• Genre

Terme englobant toutes les caractéristiques liées à l’identification des genres. Souvent très variable, le genre est avant tout une construction sociale, mais peut être aussi réapproprié dans le but d’en détourner sa substance. Peut se différencier du sexe, bien que le débat sur le distinguo sexe/genre ne soit pas tout à fait décidé. Le genre est bien souvent le deuxième nom du sexe social. Et selon les grilles d’analyse, le genre est un instrument d’oppression émanant de Roger (féminisme matérialiste, dérivé de l’analyse marxiste des rapports sociaux), ou une « substance » à détourner pour en faire notre propre outil d’expression (théorie Queer).

 

• Hormonothérapie

Ou aussi, Traitement Hormonal Substitutif (THS). Traitement consistant à remplacer les hormones produites par le corps par un apport extérieur (via injections, gels transdermiques, comprimés ou patchs) dans le but d’en modifier l’hormonologie de façon durable. Le but d’un tel traitement est de modifier le corps afin que celui-ci corresponde à des caractéristiques identifiées socialement comme étant féminines ou masculines. Le THS est aussi une façon de se réapproprier son corps.

 

• Intersexe

Personne étant née avec un appareil génital, un profil hormonal ou chromosomique, sortant des critères binaires (donc par essence cissexistes) issus de l’arbitraire médical. La confusion engendrée dans les normes binaires du médical entraine des réassignations forcées, avec usage d’hormones et/ou de chirurgies dans le but de rétablir un ordre binaire totalement infondé. Les personnes intersexes sont bien souvent apparentées à des « hermaphrodites », ce qui est dégradant et insultant.

 

• Lear (Amanda)

Célébrité française cisgenre ayant entretenu la rumeur selon laquelle elle serait trans, à des fins purement publicitaires. J’espère que ceci étant réglé, l’on arrêtera de nous bassiner avec cette femme sur laquelle de nombreux fantasmes hypersexualisés ont été projetés.

 

•Masculin

Voir à féminin. Remplacer les mots « féminin-e » par « masculin-e ». Pronom à utiliser : « il ».

 

• Mégenrer

Acte volontaire ou non d’utiliser des pronoms et des accords différents à l’adresse ou à l’évocation d’une personne trans. Par exemple : utiliser il/lui pour une femme trans. Mégenrer est transphobe. Quoiqu’en disent les culs-pincés des ronds-de-cuir de l’Académie Française et de Le Figaro réunis.

 

• MtF

De « Male to Female ». Reprenez la définition de FtM et remplacez les mots « femmes » par « homme », « masculin » par « féminin ». Parce que. Parce que bon.

 

• Mt*, MtX, Ft*, FtX.

Composé de « Male To » ou de « Female to ». Regroupe les personnes voulant entamer une transition hors du schéma homme/femme.

 

• Neutre

Personne ne s’identifiant pas aux deux bords du spectre des genres, et ne voulant pas manifester le besoin d’être identifié-e de façon binaire. Pronoms à utiliser : « iel » ou « ul ».

 

• Non-binaire

Diffère de binaire. Personne ne voulant pas correspondre aux critères de la binarité homme/femme. Celle-ci correspond à d’autres genres, moins connus, bien souvent autodéfinis qui sont les genres neutres, bigenres, agenres, fluides. Une personne non-binaire ne va pas être nécessairement dysphorique et ne voudra pas forcément entamer une hormonothérapie. Tout comme les personnes trans en fin de compte. Donc à quoi bon cette distinction ? Elle ne tient, en fait, qu’à l’utilisation de genres sortant des classes sociales hommes/femmes. Sinon, ce sont des personnes qui vont rencontrer les mêmes problématiques que les hommes et femmes trans (à des degrés divers selon l’approfondissement de la transition et des implications matérielles).

 

• Privilèges

Privilèges cisgenres/cissexuels dans notre cas. Regroupe l’ensemble des avantages dont bénéficient les personnes cis de façon systémique, c’est à dire issu de la société. Ainsi une personne cis n’aura jamais à subir la transphobie. De plus, même au fait de ses privilèges, une personne cis ne pourra pas s’en défaire et sera avantagée structurellement par ceux-ci. Exemple : une personne cis ne sera jamais interrogée sur ses organes génitaux pour justifier de son sexe. Autre exemple : une personne cis ne sera jamais jugée avec des papiers d’identité conformes à son identité de genre.

 

• Queer

Mot d’origine anglaise, utilisé au départ comme une insulte. Signifiant « bizarre », « étrange », « suspicieux-se », « dérangé-e », « homosexuel-le ». Depuis ce terme a été réapproprié par toutes les personnes ne souhaitant correspondre à des stéréotypes sociaux liés au genre, à l’orientation sexuelle, l’apparence (vestimentaire ou corporelle). Est utilisé aussi dans un but franchement militant et politique, dans le but de déstabiliser les bases de la société cis-hétéro-normée.

 

• Quantique

Genre quantique. Invention de l’autrice destinée à mettre sous un terme parapluie les genres non-binaires. Dérivé de son utilisation en physique moderne, dans lequel le comportement des atomes et des molécules est décrit comme étant à la fois corpusculaire et ondulatoire. Une personne de genre quantique serait une personne dont le genre serait impossible à déterminer, tant que celle-ci ne souhaite pas le dévoiler.

 

• Sexe

Gros mot confondu -à tort- avec l’appareil génital. Et pourtant, le sexe est avant tout une construction sociale, un outil normatif crée par les hommes (Roger donc) dans l’unique but de diviser la société en deux classes, les hommes d’un côté (fiers avec leur outil pénien, leur conférant force et respect), et les femmes de l’autre (nulles avec leur truc tout mou sans forme, leur conférant faiblesse et dédain). Tout cela afin de pouvoir exploiter ces dernières pendant que l’homme va à la guerre ou au travail, je ne sais plus. Être de sexe féminin est donc vu comme une faiblesse, et être de sexe masculin est vu comme une force. Cette lecture du sexe est une lecture sociale, et par conséquent on parlera de sexe social. Ainsi, une femme trans ayant un cispassing remarquable sera automatiquement rangée dans la catégorie « sexe féminin » car le quidam moyen jugera que cette personne est comme toutes les femmes : pourvue d’un vagin, d’un utérus et d’une âme (bien que pour cette dernière, le quidam moyen voire extrêmement moyen jugera que non). C’est l’assignation genrée, ou assignation sexuée. Dans ce contexte, changer de sexe n’est pas subir une modification structurelle de son organe génital, mais bien d’un changement de classe sociale. Et ceci est important à savoir, car si au premier abord changer de sexe pourrait paraître abscons à l’Heure Eclairée du Genre, c’est une notion tout à fait pertinente, qui justifie à elle-même l’emploi, l’usage et la réappropriation du gros mot transsexuel-le.

• SoFECT

Société Française d’Etude et de prise en Charge du Transsexualisme. Amoncellement de spécialistes divers composé de psychiatres, d’endocrinologues, de chirurgiens voire même -ah les cons!- de juristes. Composée exclusivement de personnes cisgenres, la SoFECT s’est autoproclamée organisme ès spécialiste de l’étude du Syndrome du Transsexualisme. Et cela force le respect. Le membre de la SoFECT, généralement peu enclin à l’humour, nage dans son autosuffisance crasse et son dédain binaire affligeant. Certains membres de cette véritable institution n’hésitent pas vomir leur gerbe gluante dans des papiers qui ne leur ont rien fait, et se font même publier ! Plusieurs grandes villes de France sont malheureusement atteintes du Syndrome de Sofectisme : Paris, Marseille, Bordeaux, Lyon, Nice et Montpellier. Il convient de garder la plus grande distance vis-à-vis d’elles, auquel cas vous passez deux ans en psychiatrie, ne passez pas par la case départ et ne touchez pas vingt-mille.
Cet organe, fondé par de vieilles peaux qui feraient mieux d’aller se dorer le cuir à Cannes ou à Monaco plutôt que de nous faire chier, continue à perpétrer sans rougir l’arbitraire médical, la binarité de genre, la pathologisation de personnes tout à fait saines d’esprit, la mise en danger de leur vie, leur destruction psychique ainsi que le lavage de cerveau.

On rétorquera à l’autrice qu’elle même n’y étant jamais allée, comment peut-elle juger de tout ça ? Je vous répondrai tout simplement par cette citation, qui n’est pas de moi, mais de Guy Bedos, qui a oublié d’être con : «Je ne suis pas allé à Auschwitz mais je sais quand même ce qui s’y est passé !».

 

•SRS

De Sexual Reassignation Surgery, on lui préfèrera le terme Sexual Reconstruction Surgery, voire Genital Reconstruction Surgery, bien meilleur (car le sexe après tout n’est pas forcément QUE l’appareil génital). Procédé opératoire consistant à reconstruire l’appareil génital dans le but de lui donner une apparence très proche des appareils génitaux naturellement produits lors de leur différenciation en deux organes distincts lors de la construction du fœtus. Même mon compagnon le martèle : «Il ne s’agit pas de se faire greffer une bite ou de se faire couper le zguègue, mais bien de faire une reconstruction à partir des éléments présents.» Les observations intra-utérines forcent le respect et l’on peut constater que le gland du pénis et le clitoris sont issus du même organe. Pareil pour le scrotum et les petites lèvres, ainsi que les testicules et les ovaires. Il en va de même pour le vagin et le pénis (si l’on exclue le corps caverneux). Certains chirurgiens géniaux prennent en compte ces comparaisons et vont jusqu’à remettre les différentes parties de l’appareil dans leur place afin d’obtenir un résultat très correct.
Chez la femme trans on va ainsi se servir du gland pour reconstruire un clitoris très crédible, que l’on enveloppera en partie avec la peau du pénis et du scrotum, le restant servant à produire les petites lèvres (après en avoir préalablement ôté un à un les follicules pileux). Les grandes lèvres vont être produites avec les tissus alentours, et la peau du pénis pourra servir à reconstruire le vagin (avec l’aide de tissus produisant naturellement du mucus tels que ceux de la bouche ou du rectum).
Chez l’homme trans deux méthodes existent. La phalloplastie, consiste à reconstruite une verge à partie de tissus prélevés sur le bras ou bien la cuisse, voire même le ventre. Le scrotum est reconstruit à partir des grandes lèvres, et est rempli avec deux testicules artificiels en silicone, dont l’un des deux fait office de pompe afin de faire gonfler manuellement le pénis dans le but de reproduire un organe érectile. Et nous avons ensuite, la métoidioplastie, plus complexe, ne nécessite pas l’apport de tissus prélevés ailleurs sur le corps. Elle consiste essentiellement à récupérer le clitoris qui s’est fortement développé sous l’effet de la testostérone (nommé aussi dicklit), afin de former le pénis. Le vagin sera refermé et selon la volonté de la personne, un scrotum sera reconstitué avec les grandes lèvres. Dans les deux cas, l’urètre sera introduit dans le pénis ainsi formé afin de pouvoir uriner depuis cet organe.

Note : certains chirurgiens osent encore pratiquer chez la femme trans l’ablation du pénis sans se préoccuper de produire un clitoris, les petites et grandes lèvres. Cela se pratique encore de nos jours.

 

• Transformisme

Action consistant à incarner le genre opposé à celui que l’on ressent ou auquel on a été assigné à la naissance, avec une recherche de perfectionnisme, dans le but de véritablement se transformer en quelqu’un d’autre. On rencontre la pratique du transformisme essentiellement dans le monde du spectacle (appelé notamment le « monde de la nuit », dans je ne sais quelle recherche sulfureuse), et peut servir de refuge pour les personnes transgenres qui hésitent encore à transitionner socialement mais qui veulent, l’espace d’une soirée, d’une nuit, devenir celleux qu’ielles sont.

• Transidentité

Terme parapluie englobant les personnes trans, et non-binaires selon leur ressenti, destiné à définir une identité qui n’est pas identique à celle qui est assignée à leur naissance. On lui préférera toutefois le terme Transitude, qui permet de nommer un état.

 

• Transition

Période commençant plus ou moins tôt dans la vie d’une personne transgenre, consistant à tout mettre en place pour que son apparence sociale, son identité, corresponde à son genre ressenti. La détermination de son début appartient à la personne elle-même.

 

• Transgenre

De « trans » = de l’autre côté. Personne dont le genre assigné à la naissance est opposé à son genre. Celle-ci peut-être binaire comme non-binaire, et entamera une transition la plupart du temps, même si cela n’est pas systématique. Il conviendra d’utiliser transgenre exclusivement comme un adjectif, afin de ne pas tomber dans un essentialisme de bas étage, pourtant très en vogue dans certains milieux.

 

• Transsexuel-le/Transsexualisme/Transsexualité

Gros mots.

 

• Travestissement

Acte de s’habiller avec les vêtements identifiés comme étant du genre opposé. On peut être transgenre ou cisgenre, et pratiquer le travestissement. Il est difficile d’évaluer clairement la proportion cis/trans dans le travestissement. Mais une chose est généralement admise, et est surtout répandue chez les MtF, c’est que le travestissement constitue une case de départ pour se découvrir transgenre. Toutefois, une fois la transition commencée, on peut se dire que rétroactivement, il ne s’agissait pas de travestissement, la personne ayant porté -soit en cachette, soit en milieu privé- les vêtements de son genre ressenti (et donc, pré-transition, cette personne aura été travestie au quotidien avec les vêtements du genre assigné à sa naissance). Z’arrivez à suivre ? Ou sinon je connais une blague belge.
Quoiqu’il en soit, le travestissement est l’occasion de faire éclater la volonté de l’expérience de l’autre genre, et est avant tout une recherche de soi, et une recherche de bien être (bien loin du cliché véhiculé par les glandus qui « s’habillent en femme » qui est encore beaucoup trop présent, qui véhicule transphobie et sexisme (car en très grande majorité, c’est le genre féminin qui va être touché)).

 

• Xénogenre

De «ξενος (xénos)» = étranger et «genre». Caractérise les genres dits étranges ou étrangers. Ce sont des genres qui seraient tellement incompréhensibles et tellement nombreux que l’autrice en est à s’interroger de la cohérence d’avoir un catalogue infini qui relègue le bottin téléphonique et l’Encyclopædia Universalis en 38 volumes au rang de simples brochures informatives, que l’on distribue en sortie de métro sans susciter plus d’intérêt que la pluie après le beau temps, les variations d’humeur de la Statue de Liberté ou bien encore les aigreurs de François Hollande.

14 réponses sur “Petit Dictionnaire à l’Usage des Personnes Cisgenres”

  1. Très bon « petit dictionnaire à l’usage des cisgenres », mais pas que! Les non-binaires ne connaissent pas forcément l’ensemble du vocabulaire. A fortiori, ceux qui découvrent leur non-binarité recherchée ou nécessaire . Ce n’est pas mon cas! Je suis cisgenre. Personne n’est parfait!
    C’est fondamental de pouvoir bien nommer les choses 🙂 .
    Je remarque que le correcteur d’orthographe ne connait pas le mot cisgenre et il m’impose le mot transgenre… ironique non? lol
    Chiantologue comme je suis, je tiens à préciser que la physique quantique telle qu’on la connait aujourd’hui s’applique uniquement aux particules subatomiques et non aux atomes et encore moins aux molécules qui sont régis par les règles de la physique classique. On a pas encore réussi à trouver le graal de l’unification…
    Et la physique quantique ne décrit pas le comportement des particules subatomiques comme à la fois ondulatoires et corpusculaires mais remet en cause jusqu’à la notion même de corpuscule.
    je l’avais dit que j’étais chiant! mais je suis gentil ça compte! 🙂

  2. il y a une erreur concernant Drag queen/king que vous apparentez aux Transformistes et donc vous ne faites pas allusion.
    Certaines, entre autres, restent transformistes après leurs transitions, opérées ou pas.
    Lear Amanda ne peut pas faire parti de ce dictionnaire.
    Vous avez omis Coccinelle, Jacqueline Charlotte Dufresnoy, Bamby, Marie-Pierre Pruvot.
    Et vous omettez de parler de nos amies amis travestis.
    Si vous parlez de Chiland Colette, parler aussi de Bornierbale Mireille comme de Morel-Journel Nicolas Urologue et chirurgien au Grettis de Lyon que nombre de trans’ affectionnent et pour cause.

  3. Y a une erreur dans la définition de FtM qui est traduit par ‘mâle vers femelle’ (alors que c’est l’inverse). Bigenre, c’est deux genres pas nécessairement féminin et masculin (possibles combinaisons : féminin + androgyne, neutre + masculin, deux genres autres distincts). Accessoirement (mais je chipote peut-être) définir les bords d’un spectre et dire qu’ils ne sont pas incompatibles, ça remet un peu en question l’idée d’avoir un spectre avec des bords.

  4. Merci pour vos réactions constructives 😉

    > Hibousamplume : Effectivement, j’ai grandement divagué sur la notion quantique. C’était une définition à but récréative surtout. Toutefois, merci pour tes précisions 🙂 Quant au reste, je voulais éviter de mélanger cisgenre avec les non-binaires, pis aussi les trans, pis les autres. Au bout d’un moment ça aurait fait un titre très long, et je me serai éloignée du petit clin d’œil envers Desproges 😉

    > Francesca : Et puis aussi pourquoi pas mettre Laverne Cox, ainsi que pas mal de militant-e-s transgenres. Seulement j’ai préféré ne pas en mettre. De plus, je parle d’Amanda Lear afin de démystifier de vieilles croyances populaires, qui personnellement m’ont fait beaucoup de mal (bah vi, quand tu es en recherche d’identification, c’est pas top).
    Je comptais mettre Bonnierbale, mais pfff, la flemme. C’était surtout l’occasion de parler d’elle en particulier du fait de sa littérature trop abondante sur le sujet, et histoire de remonter mon article sur la critique que j’ai fait de son Que Sais-Je? poubelle. Et je ne vais pas mettre Morel-Journel qui est le seul gentil dans l’affaire.
    Quant aux transformistes et aux travesti-e-s je compte m’y mettre. Je rajouterai des mots au gré de mes envies 😉

    > Eli : Merci pour tes précieuses indications, je me suis empressée de faire quelques corrections. Et par la même occasion, merci pour le mot Androgyne qui devrait effectivement figurer dans ce dico 😉

  5. Merci Damia pour ce PTDUC très intéressant, clair et concis !
    J’ai tout de même encore quelques interrogations qui subsistent :
    – dans les définitions des genres non-binaires, tu dis qu’on peut utiliser les pronoms « iel » et « ul », que penses-tu de « ille » et « ielle »?
    – pardonne mon ignorance et mon erreur mais j’ai encore du mal à différencier agenre et neutre, pourrais-tu l’expliciter un peu plus?
    – peux-tu développer le côté dégradant/insultant du terme hermaphrodite (qui est pour ma part un mot que je trouve très beau étant un mix de Hermès et Aphrodite et fait donc référence à la mythologie grecque)
    – en effet je rejoins les autres yaggeu.rs.ses, la définition d’androgyne serait la bienvenue, de même qu’une distinction entre travesti.e et drag-queen/king.
    – je ne connais pas franchement la personne mais ne penses-tu pas qu’Amanda Lear a plus souffert que joué de ses traits considérés comme masculins?
    Merci 🙂 !

    1. Merci à toi 🙂

      Alors :
      – Le pronom « ille » je ne l’aime pas car à l’oreille ça sonne « il ». Ielle par contre, pourquoi pas 😉
      – Le genre neutre c’est ne pas montrer d’appartenance à un genre en particulier. Alors que agenre, c’est l’absence de genre. J’ignore si c’est bien clair…
      – Alors hermaphrodite c’est surtout une condition biologique. Exemple : les escargots sont hermaphrodites, c’est à dire que leurs organes génitaux regroupent les fonctions mâle et femelle (appareil génital « doublé » en quelques sortes). Ou bien le mérou, qui est hermaphrodite car il sera d’abord mâle puis femelle d’un point de vue génital. Par constitution, une personne, même intersexe, ne sera pas hermaphrodite. Même dans le cas où on se retrouve en présence de deux appareils génitaux, fussent-ils fonctionnels. Enfin, hermaphrodite renferme une notion assez hypersexualisant que l’on retrouve dans le milieu pornographique (enfin en tout cas, d’après mon expérience) ;
      – Je m’occuperai de ça dans la journée ;
      – Elle en a peut-être souffert, mais elle en a surtout bien profité et ça a contribué à lui donner une image sulfureuse auprès des médias, en répandant une fausse image des personnes transgenres qui étaient très invisibilisées à l’époque (et c’est encore le cas, même si la tendance est à l’amélioration).

      Voilà 🙂

      1. Allosexuel ? Je ne connais pas, j’ai rarement entendu parler de ce terme. Toutefois je viens de me renseigner rapidement, il me semble que cela parle plus d’orientations sexuelle que d’aspects strictement identitaires… Or, dans ce dico je parle essentiellement de genres, de non-binarité et de transidentité.

  6. Salut Damia, j’ai une petite question quand à la définition de « Cisphobie », je la remets ici :

    De « cisgenre » et « phobie » = rejet. Construit à l’identique des mots « transphobie » ou « homophobie », ce terme caractérise une oppression fantaisiste imaginée par les personnes cisgenres à leur égard quand on leur fait remarquer leurs privilèges. Qu’on se rassure, ce mot -tout aussi effrayant soit-il- ne peut en aucun cas avoir une base concrète et se situe à des années-lumières des oppressions subies par les trans, qui sont bien réelles (violences physiques et psychologiques).

    Tu ne trouves pas que tu diabolise un peu l’ensemble des personnes cisgenres ? Il n’est pas à mon sens d’oppression fantaisiste, les personnes cisgenres aussi peuvent subir des discriminations, différentes de celles vécues par les personnes MOGAI (définition qui pourrait en intéresser certains dans une prochaine édition ! « Marginalized Orientations, Gender identities, And Intersex » ) mais bien réelles. Bref, je trouve que tu stigmatise içi les personnes cisgenres, est-ce voulu ?
    Petit dico très utile par ailleurs, merci 🙂

    1. @Damia, Enfin un peu d’humour, ça aide. Cependant j’ai une autre définition de la cisphobie, je te la soumets. Cisphobie : abréviation de «cisgenre», et de «phobie» (du grec phobos qui signifie crainte) ; ce terme n’est pas forcément un sophisme risible ou une mauvaise blague. Au contraire, le mot cisphobie est une façon intelligente de rendre le genre universel pour peu qu’il soit loin d’un pré carré sectaire quelconque dont le manichéisme ne trompe personne. Autrement dit, parler de cisphobie, c’est surtout montrer l’absurdité de la haine du genre que certaines populations cisgenres ont, puisqu’elles sont cisgenres. C’est en somme un outil utile pour pouvoir faire comprendre le genre, avec un réel pied de nez, aux personnes transphobes.

  7. Aaaah ça m’énerve ça suis d’accord avec toi.En tant que FtM au collège..j’hésite grandement sur les accords dans mes devoirs…j’ai donc décidé de rendre ma rédaction « libre » sur ma recherche de moi , en mettant tout au neutre. 🙁

  8. Merci Damia pour ce petit dictionnaire. Il m’éclaire sur de nombreux points, et il m’aidera face aux interrogations de certain-e-s ami-e-s. Je m’en vais d’ailleurs le partager tout de suite !

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