CEC – Acte 2

Bon. Alors ça aura mis du temps. Notamment parce que je remet tout à demain et que je vous donne rendez-vous, demain, pour la suite de cet article. Mais cela serait trop vous en demander (d’ailleurs : vous êtes toujours là ? Youhou ?).

La procédure de changement du sexe à l’état-civil étant un peu plus compliquée que pour celle du changement de prénom, car se déroulant au sein du Tribunal de Grande Instance, par requête du Juge aux Affaires Familiales (conformément à l’article 61-5 du Code Civil), j’ai pris un peu plus mon temps, notamment pour la rédaction de ladite requête.

La voici, caviardée pour des raisons évidentes de confidentialité.

Ce document a été pas mal inspirée du formulaire pour le changement de prénom. Modifié évidemment, pour qu’il soit acceptable en tribunal.

Et ci-dessous, un second document, qui introduit la requête et permet de lister, clairement, les pièces-jointes qui l’accompagnent.

(Bon, il y a une faute de frappe, mais chut. Ça reste entre nous, okay ?)

Tout ceci sous la forme d’un courrier enveloppe Kraft à destination du TGI de ma ville, remis en mains propres, le 24 Mai 2018.

L’été s’écoule, traversé de nombreux orages (, , et puis encore).

Puis, fin Juillet, je trouve un avis de passage dans ma BÀL (pour les gens au fond qui n’ont pas suivi mes cours d’administration, et qui sont entré-e-s, sans payer, BÀL c’est pas le nom d’un Goa’Uld mais ça veut dire Boîte À Lettres). Aïe, me dis-je. Faudra que j’aille dans le bureau qui a été transphobe avec moi l’an passé.
Donc je m’y rends, mais en prenant mes précautions : attestation de changement de prénom de la Mairie en main, je me position au bureau :

«Alors d’abord je vous donne ça [CNI], puis avant que vous ne vous posiez des questions, je vous donne ceci [attestation prénom]»

C’est ainsi que tout s’est passé impeccablement bien, comme une lettre à la poste.

Fin de la parenthèse. Ce courrier contient une convocation de la part du TGI de ma ville pour ma requête de changement d’état-civil. Et ça doit se passer le 7 Septembre 2018.

Le jour J. Nous y sommes. C’est en fin de matinée que je suis appelée et que je me retrouve devant un collège de 6 personnes (je crois, j’ai pas compté), dont le JAF ainsi que le Procureur de la République (rien que ça). On me récapitule les faits, ainsi que les motifs de ma requête. Je confirme l’intégralité du tout. On me pose quelques questions sur mes motivations, de quand ça date exactement. Je leur fait Le Long de la Passerelle version compressée. Et tout passe bien. On me dit que dans un mois tout rond, je recevrai une copie du jugement ordonnant le changement de mon état-civil. Au revoir msieudames.

Un mois plus tard ça fait qu’on tombe le 5 Octobre 2018, le jour Officiel de mon changement d’état-civil, enfin complet.

Il me reste désormais à m’occuper de changer l’intégralité de mes documents administratifs et d’identité.

Mais, quoiqu’il en soit.

Damia Bouic. Sexe : féminin

THS – 3 ans déjà !

Il y a 3 ans, je tournais une vidéo montrant la toute première prise de mon THS (traitement hormonal substitutif). J’ai décidé, pour ces 3 ans, de faire de même, le 11 Mai évidemment.

Et ça se passe dans cette vidéo 😉 Je blablate aussi un peu histoire de causer quoi 🙂

CIGaLes et moi

CIGaLes est une association LGBT dijonnaise. Son acronyme signifie « Collection Incroyable de Gays et de Lesbiennes ». Fondée en Décembre 1995, celle-ci s’occupe de questions autour des orientations sexuelles et des identités de genres.

Cette asso, ce fut la mienne durant mes deux années de présence à Dijon.

Cette asso aura laissé une marque indélébile dans mon existence.

Cette asso aura changé ma vie.

La première fois que j’ai entendu parler de CIGaLes ce fut en 2012, lors d’une sessions Skype avec la toute première personne trans que j’ai pu avoir en contact dans ma vie. Personne qui par ailleurs a eu un rôle déterminant dans ma vie et dans ma transition, en étant mon guide, ma référence, et surtout, une amie (j’en profite pour lui adresser mes remerciements infinis, et ma gratitude la plus sincère, tout ce qu’elle a fait pour moi est énorme). Ceci est important car ma 1ère visite chez CIGaLes ce fut lors du mois de Mars de l’année 2013, alors que je rendais visite justement à cette amie. C’était nouveau pour moi tout ça. Je n’avais jamais réellement côtoyé le milieu associatif LGBT. Je me retrouvais enfin avec des personnes partageant un vécu similaire au mien, du moins partie. J’étais encore loin d’être la militante que j’étais aujourd’hui, même si je commençais à me forger quelques idées sur quelques sujets. C’était un Jeudi soir, lors du temps convivial hebdomadaire proposé par l’association. Et je suis partie de cet endroit en me disant que je ne reverrai probablement plus jamais ce local, ni les personnes qui étaient présentes.

J’avais tort. Et l’avenir me le montrera.

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1 an ♥︎

27 Mars 2014. Nous sommes un Jeudi soir. Et comme chaque Jeudi soir, je participes au temps convivial de CIGaLes, qui commence à 20h, au local de l’association.

Je consulte le compte FB de l’association et vois qu’une personne veut y prendre part pour la première fois sur un statut de l’association. Je fais un peu office de guide en lui disant quel bus prendre et à quel arrêt descendre, etc. Une personne visiblement angoissée à l’idée de prendre les transports en commun. J’apprendrai qu’en fait cette personne n’avait jamais pris de bus depuis son installation à Dijon.

Ce soir là, à CIGaLes, il y a deux nouvelles personnes. Celle dont je parle arrivera en second. Rapidement nous nous mettons à discuter et à échanger, notamment sur l’astronomie et la météorologie, qui semblent vivement l’intéresser. Je crois que je suis sur un petit nuage à ce moment là. Faut dire qu’à cette époque là, j’étais sentimentalement perdue. Déception amoureuse violente. Beaucoup de rancœurs en moi-même. De rage par moment. Des rechutes, nombreuses. Aussi, je suis aveugle à ses statuts FB plutôt évocateurs par moments, qui auraient du titiller mon esprit.

Ce n’est qu’un mois plus tard que nous nous mettons ensemble, à la suite de plusieurs épisodes où nous nous rapprochions de plus en plus. Que nous formons le couple que nous formons actuellement. Mais cela ne fut pas une mince affaire… A commencer par moi. Me considérant lesbienne à l’époque, quand il m’a fait son coming-out FtM, j’ai eu un choc. Grosses remises en questions. Mais une chose évidente était là, devant moi : je l’aime. C’était indéniable. Et ça l’est toujours. Je ne pouvais pas le quitter. Je ne peux toujours pas le quitter.

Tu m’as sauvée à un moment où j’étais au plus mal. Cela n’a pas de prix !

Tom-Alex, je t’avais écrit ça il y a plus d’un mois désormais, alors que tout allait mal :

Tom-Alex, cela va faire bientôt un an que nous nous sommes rencontrés.
A la fin d’un Mois de Mars tu m’as trouvée et réconfortée.
Tu m’as donné la force d’avancer.
Et d’oublier mes douleurs passées.
Nous avons traversés maintes épreuves ensemble.
Certaines furent particulièrement dures. Éprouvantes.
Le désespoir a pu nous gagner parfois, sans raison.
Nous conduisant à de nombreuses remises en questions.
Ce fut dur.
Mais je n’oublie pas que.
Face à la transphobie, face à la bêtise humaine, face à l’arbitraire médical, face à la pauvreté matérielle, face à l’isolement, face à la solitude, face au chagrin et au désespoir, face à la dépression, je n’oublie pas.
Je n’oublie pas tant le chemin qui est derrière nous que devant nous.
Je n’oublie pas que nous sommes toujours là, et que nous ne craignons rien !

Courage mon Tom-Alex, mon amour.

Je t’aime,

Ta Puce,
Damia

Sache que je pense toujours les mots de ce petit texte. Nous allons certainement traverser des zones perturbées, mais tant de bonheur et de joie à découvrir. Sache je ne te laisserai jamais tomber, que je serai toujours là. Quoiqu’aient pu en penser certaines personnes, allant même jusqu’à m’accuser de tout faire pour ralentir ta transition, allant même jusqu’à l’accusation totalement ridicule de misandrie et que c’est incompatible avec le fait d’être en couple avec un FtM. Faisant tout pour tenter de détruire ce que nous tentions de construire.

N’oublie pas ces mots Tom-Alex : Je ne laisserai rien ni personne se mettre en travers de notre couple.

Une année maintenant. Le temps passe vite. Je ne regrette pas cette année passée. Car je regarde devant toutes les autres que nous avons devant nous. Nous avons notre chez nous, notre nid douillet, notre cocon.

Une année.

Je t’aime,

Damia

Parce que Lui.

Le 23 Avril, nous révélions l’un à l’autre, alors que j’étais à la dérive. En perdition. Comme une personne jetée à la mer suite à un naufrage d’un navire qui aurait dans mon imaginaire mené mon cœur à destination.

Je me souviens de notre première rencontre et première soirée à CIGaLes, sur le canapé rouge. Tu m’avais laissé une drôle d’impression. Quelque chose d’indéfinissable. Et puis je ne t’ai plus revu durant quelques semaines. Nous parlions de nos passions commune, la météo et l’astronomie. Je commençais à m’intéresser vivement à toi, sans le montrer. De peur d’être de nouveau confrontée à cette mer froide et sombre.

Et puis vint le 23 Avril. Je compris tout. Et pu me montrer totalement à toi. Défaire les chaînes qui enfermaient mon cœur et oser l’exposer de nouveau.

L’idée de ta transidentité fut un choc pour moi. Un mini-traumatisme qui fit vibrer ma Passerelle. Durant une semaine je n’étais plus capable de manger correctement. Mais tu étais là pour me rassurer, et faire fuir cette boule au ventre que j’avais nuit et jour. Je ne pouvais pas me permettre de tout laisser tomber. Car je t’aimais.

Maintenant notre couple est sauf. Il est maintenu à flots. Je compte voguer avec toi sur les Sept Océans. Te réconforter. T’accompagner aussi loin que possible.

Parce que toi. Tom.

Je t’aime.

 

Son blog est ici.