Une semaine sur Yagg, et un an de plus pour moi.

Ce VENDREDI 11 Mai est l’occasion pour moi de célébrer deux choses. D’une part ma première semaine sur Yagg. Je sais, je me formalise pour pas grand chose, mais voilà, c’est la PREMIÈRE semaine quoi ! Donc je tiens ici à remercier chaleureusement les Yaggeuses et les Yaggeurs de leur accueil, de m’avoir totalement acceptée comme je suis, et notamment sur la Chatte, vous n’avez pas idée du bien que cela fait de s’exprimer à la forme féminine. MERCI :).

J’espère passer encore de nombreuses semaines, mois, années avec vous. Ce site est encore une petite nouveauté pour moi, même si j’en maîtrise les aspects. Cela me donne l’envie de m’affirmer un petit peu plus tous les jours, c’est génial.

 

Un an de plus. 27 ans. Cet anniversaire possède une saveur particulière. C’est le premier où je suis enfin consciente de ce qu’il m’arrive, de l’éclaircissement soudain de tout ce qui me turlupinait depuis tant et tant d’années. Me voici dans ma 28ème année. Et j’ai beaucoup d’attente en ce qui la concerne.

Lundi prochain sera l’occasion du 2nd rendez-vous chez mon psy. Je compte mettre au clair avec lui ma ferme intention de changer d’effectuer une transition. Même si je lui ait fait sentir ma détermination, je pense qu’il vaudrait mieux le lui dire en toute simplicité.

Cette année qui arrive verra pas mal de bouleversements. Je quitte Marseille pour Gap d’ici Juin, et c’est là-bas que j’espère mener à bien ma transition. Je compterais la débuter fin 2012, vers Septembre / Octobre, tout dépendra de mes ressources financières et de la rapidité de réponse du corps médical. Et ce sera la fin de la période pré-THS et le début de la transition. Une fois de plus, je suis parfaitement consciente des difficultés qui m’attendent, bien que je ne puisse pas tout à fait en prendre encore la pleine mesure.

Durant cette année, jusqu’à mes 28 ans, plus de CO. En effet j’ai mis « dans le bain » 7 personnes proches, progressivement, depuis Décembre dernier (5 amis, les meilleurs, ainsi que ma mère et mon petit-frère). Tous acceptent ce que je vais faire, tous me comprennent, et pour eux, cela ne change rien. Donc je leur adresse ce message : vous êtes géniaux, un énorme merci ! Mais maintenant, plus personne d’autre ne devrait être informé. Pour ceux-là, je compte le faire au mois de Mai prochain, et de façon officielle, à tous. En toute logique, le THS devrait avoir opéré ses quelques modifications de mon apparence (je croise les doigts). Pour certains, je sais d’ores-et-déjà que ça ne passera pas. Cela m’importe peu au final.

Pour revenir au temps présent, même si je ne peux pas faire de THS, je m’exerce. Une des premières chose a été de me raser les jambes (c’est agréable cette douceur), les aisselles (j’arrive à faire ça trop facilement :D), et le peu que j’ai sur le torse et autour des aréoles. Breeef. Ensuite, m’adresser à moi-même avec la forme féminine. C’est con à dire, mais c’est un exercice assez délicat, car durant tout le temps je me parlais à moi-même en tant qu’homme. C’est désormais fini. J’hésite encore à le faire devant le Cercle des Sept (allez, il va s’appeler comme ça !), ayant un peu peur de les gêner. Enfin, j’essaie de travailler un peu ma démarche, ma gestuelle, sans trop tomber je l’espère dans la caricature (car c’est vite fait). Dernière chose, la plus difficile je le sens, la voix. Je n’ai pas une voix particulièrement grave, mais ça s’entend directement que c’est une voix masculine. Donc quand j’ai du temps, j’essaie. Je sens qu’il va me falloir de l’aide sur ce coup là, car c’est tout un travail.

Bon, et comme promis, une nouvelle leçon façon Aubade. Je passe à la numéro 3 car sur la 2 on voit mon visage, et pour le moment je préfère éviter de le montrer (Google Images est un outil redoutable, notamment pour mes futurs détracteurs, donc non merci).

La Greffe UItime – Préambule & Chapitre 1

Préambule

Depuis quelques temps j’ai commencé l’écriture d’une longue nouvelle. Celle-ci se situe dans un futur plus ou moins proche, et je met en scène un moi alternatif. Celui-ci est une projection d’un avenir hypothétique, justifié par deux de mes frustrations majeures : ne pouvoir être une femme, et aller dans l’espace. Où l’on se rend compte que l’une des deux est plus facile à satisfaire qu’une autre.

Récit construit à la première personne, j’ai pris certaines libertés de façon ne pas trop m’enfermer dans des considérations techniques trop rébarbatives. Tous les Lundi, je compte en publier un bout, façon chapitres. Toutefois, cette nouvelle est inachevée et il va me falloir la terminer avant que je n’aie plus de texte à fournir pour alimenter ce blog.

Bonne lecture !

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La Greffe Ultime

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Chapitre 1

 

Une grande chambre chargée. Des cadres représentant des scènes astronomiques accrochés aux murs. Une vaste baie vitrée. Une armoire du dix-neuvième siècle. Une étagère d’Ettore Sottsas. Dessus, des objets divers : globes terrestres, sphère armillaire, un télescope démonté, des photos de famille, une maquette d’une sonde spatiale, une roche brune et un nombre incroyable de livres et de revues spécialisées. Enfin, un lit, au centre d’un mur sombre. Sous des draps trop repliés, une personne reliée à un système d’assistance respiratoire et des perfusions. Cette personne, c’est moi.

 

J’ignore comment cela a pu arriver. D’une année à l’autre, mes organes, les uns après les autres, ont entamé une sorte de “révolte”. Ils cessaient sporadiquement de fonctionner. A cela, je pouvais m’y adapter, jusqu’au jour où durant une minute mon coeur s’est arrêté de battre. Il a fallut me conduire aux urgences afin de me réanimer. Et puis ce fut au tour de mes propres muscles de cesser temporairement de fonctionner. Je tombais sans être prévenu, me faisant très mal parfois. Et puis de plus en plus grave : mes oreilles cessaient de transmettre le son jusqu’à mon cerveau, mes yeux coupaient tout contact, je me retrouvais aphone des fois plus d’une journée. Jusqu’au jour où tout mes muscles sauf ceux de la tête se sont brutalement arrêté de fonctionner. Heureusement pour moi, j’avais des domestiques qui se sont démenés pour me conduire à l’hôpital. J’y suis resté pendant trois mois. Les plus grands spécialistes se sont penchés sur mon cas : je n’avais aucun problème de santé, un corps impeccable, et rien ne pouvait expliquer ce soudain refus de mon corps à vouloir effectuer son travail. Curieusement, la tête, et plus précisément le cerveau ne semblaient pas suivre le reste de l’organisme (bien que mes sens eux continuaient d’être perturbés). Les médecins n’ont pu seulement établir que j’allais devoir rester comme cela tout le reste de ma vie, presque à l’état de légume. Mes organes cessant définitivement leur travail les uns après les autres, ma vie était dramatiquement écourtée. Je choisis de demander à ce que l’on me fasse revenir chez moi, avec tous les appareillages sophistiqués nécessaire à ma survie. Mais les choses allaient peut-être changer…

 

Bien des années après la première alerte. Je regarde comme souvent l’écran de télévision, pour maintenir un lien avec l’extérieur du monde. Je vais aussi très souvent sur l’Internet, en particulier pour y suivre les dernières avancées médicales. Et aujourd’hui, je fais comme tous les autres jours. Mon attention fut retenue par une nouvelle du domaine de la prouesse médicale qui me surpris : on avait réalisé avec succès une greffe de cerveau humain sur un autre corps. Je me mis rapidement en contact avec le chirurgien qui avait réalisé la délicate opération. Mon idée était claire : puisque mon corps semble tomber morceau, sauf mon cerveau, je devrais pouvoir l’y insérer dans un corps sain. Mais le chirurgien, qui s’appelle Joël Pinson, m’avertit sur deux problèmes de taille : trouver un donneur et surtout, un donneur compatible. Cela dit, sur ce dernier point, on avait accomplit des miracles, notamment avec la thérapie génique. Reste tout de même le problème de trouver un donneur. J’insiste malgré tout auprès du chirurgien :

« – Il me faut absolument changer de corps, je vous paierais ce que vous voudrez, mais je vous en supplie, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour me trouver un autre corps !

Vous savez monsieur, des personnes qui meurent dans un corps sain, c’est de plus en plus dur à trouver, surtout à notre époque et…

C’est mon ultime chance !

Je vais faire mon maximum, mais sachez que rien n’est garanti. »

Un mois passe, et le téléphone résonne dans ma chambre. Je le fais décrocher (je peux avoir un certain contrôle sur la plupart des appareils via une interface neurale). C’est Joël Pinson, il a l’air joyeux.

« – Nous en avons-un !

Un quoi ? Un … donneur ?

Oui, exactement monsieur. »

Je n’en revenais pas, je n’aurais jamais imaginé attendre aussi peu.

« – Mais il faut avant tout que vous sachiez quelque chose. Le donneur est…

Agé ?

Non, pas exactement. En fait, ce donneur est une donneuse.

Vous voulez dire que c’est une femme?

C’est bien ça. »

J’ai senti comme une gêne dans la voix du chirurgien. De mon côté, j’étais moins mal à l’aise. Je n’avais rien à perdre, seulement l’occasion de retrouver une vie normale. Et cela réveilla en moi un vieux rêve : celui de l’expérience de l’autre sexe. Un rêve qui peut à peu s’est mué en un sentiment de plus léger au fur et à mesure de l’avancement de mon âge. Je crois que cela doit me venir de mon envie de chercher du nouveau, de ressentir le différent. Un “allô” à l’autre bout du fil me réveilla.

« – Allô? Je ne vous entends plus, dit Joël.

Excusez-moi, j’étais en train de réfléchir.

Vous pouvez encore réfléchir une petite journée, au delà, le corps sera inutilisable.

J’ai déjà pris ma décision (depuis longtemps avais-je envie d’ajouter) : c’est d’accord. »

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Une petite anecdote peut-être ?

Cela s’est passé il y a nombre d’années, j’étais encore chez mes parents. Je devais avoir 19 ans environ. A cette époque j’avais entamée la pousse de mes cheveux, qui bouclent comme pas possible. Ceux-ci me tombaient sur l’épaule, je les adorait. Donc bref.

Un jour avec ma mère, nous étions en salle d’attente du dentiste, avec juste nous deux. Soudain arrive un monsieur, qui après nous avoir rapidement regardés nous adresse un «Bonjour mesdemoiselles». Léger blanc. Moi un peu confuse, mais cela me fait curieusement plaisir. Ma mère réponds en lui adressant le bonjour, et moi aussi. Ma voix semble embarrasser un peu l’homme qui va s’asseoir, et me dit : «Excusez moi jeune homme.» Dommage quelque part me dis-je dans ma tête. Cette situation a fait rigolé ma mère. Moi aussi j’ai trouvé ça amusant. A cette époque là, ma barbe se développait vraiment à peine, très timidement, juste un léger duvet au menton, très peu fourni. Avec ma chevelure fournie, et peut-être mon allure, plusieurs fois l’on m’avait adressé des bonjour mademoiselle, bonjour madame.

J’espère pouvoir revivre ça à nouveau, me laissant de nouveau pousser la chevelure ces temps-ci et prenant une certaine application à raser régulièrement cette barbe qui m’horripile.

Scrutant l'horizon

Franchir le cap. Oser. Pour moi désormais, c’est la seule et unique voie. Je sais ce que je ne veux plus : être un homme. Et le plus tôt sera le mieux. Je ne veux plus faire ne serait-ce que 5 années de plus dans cet état. Je veux pouvoir m’exprimer totalement, ouvertement, montrer aux autre qui je suis. Exprimer cette sensualité. Être moi, enfin moi. Trop longtemps j’ai mis au silence tout ça, allant jusqu’à faire la sourde oreille. C’est fini.
Mon prénom m’a aussi causé problème. Aucun équivalent féminin connu. J’avais une nouvelle fois tort. Il existe un : Damia ! l’origine même de mon prénom. associé à une déesse grecque de la fertilité (c’est aussi Cybèle chez les Phrygiens). Moi qui admire la Grèce antique, cela ne peut pas me faire plus plaisir. Enfin un prénom, bien féminin, une détermination.

Le cap, j’oserais le franchir le mois dernier. Premier rendez-vous chez un psychologue afin d’avoir un regard à priori éclairé. Durant tout mon témoignage, il ne m’interrompra que peu de fois, me demandant de développer certains points. Je lui ait montré que j’ai déjà assez mûrement réfléchi à la question, que selon moi, il n’y a pas trop d’autre choix. J’ignore si c’est une attitude correcte à adopter… En tout cas, il a écrit deux pages manuscrite tout au long de mon intervention, preuve qu’il y avait certainement pas mal de choses à dire. J’aurais un rendez-vous dans une semaine et demi de nouveau. Ce sera l’occasion je pense de développer un peu plus certains points, et d’avoir des réponses.

Changement de vie, nouveaux départs… Je quitterai prochainement Marseille pour Gap. Ce sera l’occasion de faire les choses qui me plaisent (photo et passion pour la météo). Je serais aussi enfin libre car possédant mon propre appartement. D’ici la fin de l’année, je commencerais à constituer l’équipe médicale qui m’accompagnera durant ma transition. Quand je regarde mon corps, je me dis qu’il y a « un peu » de travail, même si celui-ci est en de bonnes dispositions.

Au juste, je sais que ce qui m’attends ne va pas être rigolo, que je traverserai des moments difficiles, qu’il va me falloir assumer. Je sais aussi qu’il n’y aura pas de retour arrière possible une fois le THS enclenché. Mais je suis désormais déterminée. Et je pense que je peux le dire plus que jamais : sûre et certaine.

En cadeau dans cet article (BONUX !), la leçon n°1. Prise de vue réalisée il y a environ 2 ans. J’adore ce petite bustier. Bon par contre, j’ai du rembourrer la partie poitrine, la mienne ne remplissant pas grand chose hélas.

Bonjour tout le monde !

Bonjour, je m’appelle Damia.

Comment commencer ? Par quel moment ?
Déjà, avant toute chose, ce blog va relater mon parcours de transition, mettant en adéquation mon genre et l’apparence que je veux avoir, c’est à dire celle d’une femme. J’emploierais la métaphore de la passerelle car c’est ainsi que je le perçois. Un parcours un peu acrobatique, sur de vieilles planches et des cordes usées. Pas le droit à l’erreur.
Oui, ceci est un nouveau blog relatant le parcours d’une transgenre. J’en ai suivi un certain nombre, ici sur Yagg, ou bien ailleurs. Le désir de m’exprimer passait par quelques commentaires, mais je me rendais compte que ce n’était pas l’endroit pour parler en détail de moi-même. J’ai mis un certain temps avant de me décider d’ouvrir ce blog, car pour le moment, une partie de mon entourage ignore qui je suis réellement. Toutefois, mon entourage le plus proche sait ce que je suis et ce que j’aspire à devenir. Je parlerai de tout ceci dans un autre article.

Pour commencer, vous pourrez aller lire ma biographie, disponible sur une page à part entière.

A bientôt !! 🙂