Réminiscences du passé

J’ai retrouvé cette image un peu par hasard. En supprimant quelques fichiers sur mon serveur.

Cette image date du 11 Février 2012. A Marseille, sur un Mont Puget couvert de neige. Comme une bulle de souvenir me revenant brutalement à la gueule, réveillant plein de souvenirs. Je me souviens dans le froid ensoleillé de cet hiver provençal, ma main se saisissant d’un caillou calcaire, juste à côté. Pour venir y graver ce symbole qui signifie tout pour moi. Ma transidentité. Je n’étais même pas inscrite sur Yagg. Ce blog n’existait même pas, et n’était même pas en projet. Je lisais d’autres blogs, de trans MtF comme moi qui avançaient dans leur transition. Afin d’être sûre et certaine. Mais je savais que j’étais sûre. Déterminée, suivre ce panneau improvisé. Rouillé, sans doute aussi âgé que moi, voire plus. Ce symbole gravé à la va-vite, de peur d’être vue, alors que là-haut, j’étais dans ma forteresse de solitude, sur « mon » Puget. Devoir marcher dans ces vêtements qui n’étaient plus miens. Un drôle de sentiment… Et ce traitement hormonal substitutif qui me semblait fantasmagorique à l’époque. Aussi improbable que puisse l’être cette neige près de la Méditerranée. Et pourtant… 13 mois plus tard exactement, j’ouvrai ma TransBox et entamait mon THS.

Une éternité semble désormais me séparer de ce moment où le calcaire est venu frotter la rouille, et maintenant, où j’écris ces mots.

Oui… Une éternité…

Une pensée sur “Réminiscences du passé”

  1. Salut, Damia 🙂
    Je crois que beaucoup d’entre nous, avant de quitter nos placards (et parfois très longtemps avant) nous avons semé des graines … J’ai retrouvé des vieux poêmes de mes 16 ans (j’en ai 55… ) ouvertement trans’, je les avait même oubliés, de rares photos ayant échappé à mes autodafés successifs, parce qu’elles étaient les seules à montrer un peu la direction où se portait le désir, des petits symboles inventés par mes soins retrouvés sur le Net 40 ans plus tard, à l’identique, leur création guidée par une même aspiration. Nous écrivons nos avenirs, par bribes, par miniprophéties intérieures, avec tout le sérieux de l’enfance (en priant très fort qu’elles soient performatrices…) un signe sur un panneau rouillé,, une promesse à nous-mêmes …
    Bonne route, toi
    Bisous

    Phlune

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