THS – 6 ans

Il serait temps que je fasse une -bonne- mise à jour.

Ce blog a été écrit pour donner un suivi d’une femme trans, moi en l’occurrence, dans sa transition, dans son changement de classe sociale sexuelle. Le temps faisant, cette transition s’accomplissait de plus en plus, et rien vraiment ne valait la peine d’être raconté.
Toutefois, cela faisait depuis deux ans que je n’avais pas vraiment fait de mise à jour, à part concernant mon état-civil.

Donc c’est parti ! Article agrémenté de photos, de moi, à l’évidence.

Moi, de face, souriante. Vue de la tête au buste, bras légèrement ouverts.

6 ans. 6 ans de THS, ça commence à faire une belle durée. Le souvenir de ce premier jour, le 11 Mai 2013, devient un peu moins fort, même si fondateur dans ma vie. Ce traitement hormonal de substitution m’a littéralement sauvé la vie et m’a permis de trouver quelle personne j’étais vraiment, quelle personne j’aspirais à être, en ma chair, en mon âme. Je n’ai pas de déception par rapport à tout ceci, ce fut une aventure formidable, avec certes ses hauts et ses bas. Mais ce fut incroyable.
Maintenant, la prise d’hormone est devenue pour moi banale. Aussi banale qu’un brossage de dents, ou le petit déjeuner du matin. Un geste. Parmi tant d’autres. Il ne revêt plus ce caractère presque sacré que je lui donnait au départ. Ce traitement je le sais, c’est pour la vie (hormis une surprise quelconque). Je ne vis pas ceci comme une pénitence. Ça fait partie de moi.

Moi, visant le milieu de la photo, avec mon arc.

Durant ce parcours, j’ai enfin pu changer la totalité de mon état-civil. J’ai une nouvelle carte d’identité, que je n’aurai plus honte de montrer, une nouvelle Carte Vitale. C’est un bel accomplissement, et j’en suis fière.

Je suis à Bergerac depuis 2015. Je reprends racine dans ces vieilles terres qui étaient autrefois miennes, d’une certaine manière. Ce n’est pas la même vie que Dijon, mais je m’y sens bien. A la maison. Et depuis peu, avec des camarades trans, non-binaires, gays, bi, j’ai pu former un collectif à destination de personnes comme nous, pour nous fédérer, pour nous former et faire de l’éducation populaire sur nos oppressions, nos vies, nos combats. Je suis contente de cette nouvelle aventure associative, encore embryonnaire, mais qui pourraient ouvrir de belles perspectives dans cette région fortement rurale qu’est le Périgord. J’espère que cette nouvelle aventure pourra porter quelques fruits.

Moi, buste à moitié tourné, visage légèrement souriant, regardant l'objectif.

Je suis toujours en couple avec mon compagnon, cela fait 5 ans désormais que nous vivons ensemble. Et ça aussi, c’est un beau parcours.

Moi, adossé à une porte, sur le sol, les jambes repliées vers le ventre, les bras entre mes jambes et mon ventre. Visage neutre.

Je continue la photographie, essentiellement axée sur la météo avec la chasse aux orages, alimentant mon autre blog. Je continue malgré tout de produire quelques images martiennes, avec la nouveauté que j’ai aussi des images de Vénus à mon actif. Une jolie surprise, qui m’aura valu quelques publications et même une visibilité chez les concepteurs de la sonde spatiale dont les images sont issues. C’est mon travail. C’est mon métier. Même si j’ai un travail non-subordonné, c’est une situation dont je n’ai aucunement honte. Et dans ce contexte, le fait que je sois trans, ne semble pas un fait tout à fait connu. Et c’est plaisant de pouvoir travailler en étant une femme. Juste une femme.

Moi regardant de près l'objectif, tout sourire, le visage légèrement vers le bas. Le reste mon corps en arrière-plan, flou.

J’espère pouvoir continuer ce que je fais, et continuer ce parcours.

Le long de la passerelle.

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