TDoV 2016 – La visibilité, une chose capitale

Vous le saviez, ou vous le ne le saviez pas, mais ce 31 Mars 2016, c’est la Journée de la Visibilité Transgenre, en anglais le TDoV (Trangender Day of Visibility).

En quoi est-ce important cette visibilité ?

Pour mon expérience personnelle, savoir que d’autres personnes trans existent c’est juste capital. Vital. En effet, durant toute mon enfance, adolescence et une partie de ma vie dites adulte, je n’avais rien pour m’identifier. Rien pour me construire. Aucun repère. Je baignais dans le noir complet quant à ce malaise de ne pouvoir être considérée par les autres comme une femme. Comment se dire «C’est possible, regarde d’autres l’ont fait, et ça marche !» ? Comment se dire «Ma situation n’est pas impossible» ? Quand on évolue dans une société où la cisnormativité est une norme bien établie. Quand cette même société base ton genre sur tes attributs génitaux, sur tes chromosomes, sur tes hormones. Quand cette société ne t’expose les personnes trans que comme des curiosités, des bêtes de foire, dans un véritable freak show digne des spectacles de cirque du siècle dernier. Aucune échappatoire. Ce n’est pas simplement mauvais, mais c’est nuisible, dangereux, toxique. Toutes ces injonctions qui tuent une à une toute velléité de vouloir échapper à cette assignation de genre à la naissance qui fut faite contre ton avis.

OUI il faut de la visibilité pour les personnes transgenre.
OUI il faut qu’on puisse être vu-e-s, pour ce que nous sommes, pour l’espoir que l’on pourrait susciter chez certaines personnes qui seraient sur le bord de tout abandonner.
OUI, il faut que les personnes cisgenre arrêtent d’occuper nos espaces, parlent à notre place, érigent leur parole comme étant la plus objective alors que c’est tout le contraire.

Enfin, il faut en finir avec ce cissexisme qui nous tue, qui nous étouffe. Je ferai un article prochainement à ce sujet. Vous verrez, le cissexisme est partout, et il est terriblement destructeur.

Je suis fière d’être une femme trans. Fière de ce que je suis, de mon parcours. Et fière d’être visible, et ouvertement trans, que ce soit ici, mais aussi dans le cadre de mes travaux sur les images de Mars, pour ma passion pour la météo.

Deux autres photos de moi en ce TDoV 🙂

Adieu 2015, bonjour 2016

Voilà, comme chaque année depuis le début de ce blog, j’en profite pour tirer le bilan de l’année passée, sur Yagg, et sur cette Passerelle qui symbolise ma transition.

Je dois dire que ça a été une année plutôt riche et mouvementée. Ne sachant comment faire le bilan efficacement, j’ai opté pour diviser 2015 en quatre saisons.

Hiver

L’hiver 2015 a été marqué par pas mal de mouvements. D’abord hébergée, chez un ami admin de CIGaLes, à Quétigny, puis chez mon chéri, dans un espace bien plus réduit, j’ai finalement pu trouver de quoi nous loger, cette fois-ci en mon nom, à Dijon, dans un petit appartement, mansardé dit-on, avec kitchenette et jolie fenêtre pour observer les étoiles (en fait un logement situé sous un toit, avec une poutre au *aïe !* milieu à 1m70, et une cuisine dénuée de plan de travail et d’espaces de rangements. Toutefois, appartement très calme car très très bien isolé.

L’hiver 2015 aura été marqué aussi par le commencement concret de la transition de mon chéri, Tom-Alex. Voyant qu’il allait sombrer vraiment gravement, je me suis dit qu’il fallait prendre les choses en main et l’aider à avancer. Ce qui fut chose faite en Janvier avec l’obtention tour à tour de son attestation psy (par un psy extra qui exerce à Dijon, si vous voulez ses coordonnées, n’hésitez pas), et de son THS (auprès du seul endoc à peu près potable, du moins pour les FtM/*, les MtF/*, fuyez-le !). Et le 5 Février, il put enfin avoir sa toute première injection, que j’ai pratiquée moi-même.
Mais voilà, Février et Mars furent marqués de passages à vide, de moments très sombres, mais qui ne font que confirmer une chose : j’aime Tom-Alex et je veux faire ma vie avec lui !

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Marche des Fiertés de Dijon – 3ème édition

Le Samedi 23 Mai se tenait à Dijon la 3ème Marche des Fiertés organisées à Dijon. J’y étais naturellement présente, étant administratrice du centre LGBT dijonnais CIGaLes, pour faire une petite couverture photo de l’évènement.

Un peu moins de monde que l’an dernier visiblement, mais une belle ambiance, une météo favorable. Et des mots d’ordre toujours aussi clairs et que l’on continuera de marteler.

 

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20 mois tout rond !

Ce 11 Janvier, je fêtais mes 20 mois de transition hormonale substitutive (ou traitement). L’occasion de vous causer un peu de celle-ci, même si j’ai peu de choses à en dire. Tout se déroule plutôt bien, même si mes seins ne gonflent plus vraiment. Je crois que j’ai rapidement le pallier où plus rien ne se passe. Je ferai dans la semaine une nouvelle prise de sang afin d’estimer les niveaux d’œstradiol 17ß, et de testostérone car, je le  rappelle, j’ai arrêté l’Androcur depuis le mois d’Octobre. J’ai constaté un regain de libido, ainsi qu’un état général émotionnel meilleur (même s’il y a toujours des hauts et des bas, bref… la vie). Du fait de cet arrêt d’Androcur, il ne me semble pas observer de retour particulier de ma pilosité.
Les poils, parlons-en vite fait. Je vais prendre rendez-vous pour une 4ème séance de laser, il en reste encore un certain nombre à éliminer. Ce n’est pas encore ça malheureusement…

Sinon, j’accompagne la transition de mon chéri, Tom-Alex, et je fais tout pour qu’il puisse avancer. Son bien être est pour moi quelque chose d’essentiel. C’est marrant de devoir revenir dans ce processus un peu délicat de psychiatres et d’endocrinologues. Ça me rappelle ma propre transition, mon propre parcours, même si lui l’effectue en sens inverse. Allez voir son blog 😉

Et pour terminer, un petit shooting, légèrement coquin, de ma propre personne. Je me suis payée un nouveau soutien-gorge, tout rouge !

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Coup de mou sur la Passerelle : On change de potion !

Chapitre Alchimiste

Voilà, alors comme je l’expliquais dans l’antépénultième article à partir de celui-ci, malgré un faible hausse, mes taux d’œstrogènes restent trop bas. De plus, mon corps n’enregistre plus aucun changement (poitrine qui a peu évolué depuis l’an dernier). Je me suis dit que ces 17 mois de THS (déjà !), pouvaient être l’occasion de se poser quelques questions et de changer son fusil d’épaule.

Chose dite, chose faite ! Je délaisse le Provamès 2mg (comprimés) pour de l’Estreva 0.1% (gel transdermique). La modification du mode d’administration devrait sans doute aider mon organisme à une meilleure intégration des fameuses molécules d’œstradiol 17ß. La voix orale n’étant peut-être pas suffisante, et une partie des molécules n’étant sans doute tout bonnement pas assimilées par mon organisme. Donc gel transdermique, durant deux mois. Une prise de sang aux extrêmes de cette période devrait m’aider à constater l’évolution ou non de ces précieuses hormones.
Aussi, étant à 1 an et demi de THS, je décide de rajouter de la Progéstérone à la formule. Celle-ci devrait avoir un travail plus prononcé sur mon apparence physique que l’œstradiol, en agissant notamment sur la répartition des graisses (poitrine et hanches, principalement). Un cycle « menstruel » sera mis en place avec 14 jours de prise de Progéstérone, et 14 jours sans.

Seul l’Androcur 50mg (1 comprimé / jour) ne change pas.

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Par contre, mon gel transdermique ne rentre pas dans ma TransBox©

Rapidement, ce Vendredi 17, je bénéficierai de ma 3ème séance de LASER. La seconde fut très efficace, et n’a laissé de poils récalcitrant que sur la lèvre supérieure. Le reste est un genre de duvet, plus ou moins dur.

Chapitre Capitale

Le Samedi 18 Octobre (donc ce WE si vous êtes contemporain-e de la semaine du 13 au 19 Octobre 2014), je serai à Paris, pour représenter CIGaLes à l’Existrans, 18ème édition. J’y serai avec des ami-e-s trans de Dijon, dont mon chéri qui a subi de plein fouet la transphobie parentale. Pour défendre nos droits. Pour faire reconnaître la transphobie comme un délit. Pour un changement d’Etat-Civil libre et gratuit (totalement déjudiciarisé et démédicalisé). Pour que cessent les mutilations sur les intersexes. Pour la dignité, le respect, la bienveillance et l’écoute des personnes transgenres et intersexes.

Chapitre de la Lorien

Sinon, le 11 et 12 Octobre dernier, c’était le Dijon-Saiten. Convention type Japan Expo, façon bourguignone. L’occasion pour moi de faire mon premier cosplay, avec mon ex-meilleur ami dijonnais. Lui en Bilbon Sacquet, et moi en Dame Galadriel 🙂

Voilà les photos !

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Et c’était chouette. Car cette transition m’a permis d’incarner un personnage féminin sans aucun ambiguité. Ce fut une très belle journée, quoiqu’un peu crevante (hé oui, n’est pas Galadriel qui veut !).

Réminiscences du passé

J’ai retrouvé cette image un peu par hasard. En supprimant quelques fichiers sur mon serveur.

Cette image date du 11 Février 2012. A Marseille, sur un Mont Puget couvert de neige. Comme une bulle de souvenir me revenant brutalement à la gueule, réveillant plein de souvenirs. Je me souviens dans le froid ensoleillé de cet hiver provençal, ma main se saisissant d’un caillou calcaire, juste à côté. Pour venir y graver ce symbole qui signifie tout pour moi. Ma transidentité. Je n’étais même pas inscrite sur Yagg. Ce blog n’existait même pas, et n’était même pas en projet. Je lisais d’autres blogs, de trans MtF comme moi qui avançaient dans leur transition. Afin d’être sûre et certaine. Mais je savais que j’étais sûre. Déterminée, suivre ce panneau improvisé. Rouillé, sans doute aussi âgé que moi, voire plus. Ce symbole gravé à la va-vite, de peur d’être vue, alors que là-haut, j’étais dans ma forteresse de solitude, sur « mon » Puget. Devoir marcher dans ces vêtements qui n’étaient plus miens. Un drôle de sentiment… Et ce traitement hormonal substitutif qui me semblait fantasmagorique à l’époque. Aussi improbable que puisse l’être cette neige près de la Méditerranée. Et pourtant… 13 mois plus tard exactement, j’ouvrai ma TransBox et entamait mon THS.

Une éternité semble désormais me séparer de ce moment où le calcaire est venu frotter la rouille, et maintenant, où j’écris ces mots.

Oui… Une éternité…