La Greffe UItime – Préambule & Chapitre 1

Préambule

Depuis quelques temps j’ai commencé l’écriture d’une longue nouvelle. Celle-ci se situe dans un futur plus ou moins proche, et je met en scène un moi alternatif. Celui-ci est une projection d’un avenir hypothétique, justifié par deux de mes frustrations majeures : ne pouvoir être une femme, et aller dans l’espace. Où l’on se rend compte que l’une des deux est plus facile à satisfaire qu’une autre.

Récit construit à la première personne, j’ai pris certaines libertés de façon ne pas trop m’enfermer dans des considérations techniques trop rébarbatives. Tous les Lundi, je compte en publier un bout, façon chapitres. Toutefois, cette nouvelle est inachevée et il va me falloir la terminer avant que je n’aie plus de texte à fournir pour alimenter ce blog.

Bonne lecture !

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La Greffe Ultime

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Chapitre 1

 

Une grande chambre chargée. Des cadres représentant des scènes astronomiques accrochés aux murs. Une vaste baie vitrée. Une armoire du dix-neuvième siècle. Une étagère d’Ettore Sottsas. Dessus, des objets divers : globes terrestres, sphère armillaire, un télescope démonté, des photos de famille, une maquette d’une sonde spatiale, une roche brune et un nombre incroyable de livres et de revues spécialisées. Enfin, un lit, au centre d’un mur sombre. Sous des draps trop repliés, une personne reliée à un système d’assistance respiratoire et des perfusions. Cette personne, c’est moi.

 

J’ignore comment cela a pu arriver. D’une année à l’autre, mes organes, les uns après les autres, ont entamé une sorte de “révolte”. Ils cessaient sporadiquement de fonctionner. A cela, je pouvais m’y adapter, jusqu’au jour où durant une minute mon coeur s’est arrêté de battre. Il a fallut me conduire aux urgences afin de me réanimer. Et puis ce fut au tour de mes propres muscles de cesser temporairement de fonctionner. Je tombais sans être prévenu, me faisant très mal parfois. Et puis de plus en plus grave : mes oreilles cessaient de transmettre le son jusqu’à mon cerveau, mes yeux coupaient tout contact, je me retrouvais aphone des fois plus d’une journée. Jusqu’au jour où tout mes muscles sauf ceux de la tête se sont brutalement arrêté de fonctionner. Heureusement pour moi, j’avais des domestiques qui se sont démenés pour me conduire à l’hôpital. J’y suis resté pendant trois mois. Les plus grands spécialistes se sont penchés sur mon cas : je n’avais aucun problème de santé, un corps impeccable, et rien ne pouvait expliquer ce soudain refus de mon corps à vouloir effectuer son travail. Curieusement, la tête, et plus précisément le cerveau ne semblaient pas suivre le reste de l’organisme (bien que mes sens eux continuaient d’être perturbés). Les médecins n’ont pu seulement établir que j’allais devoir rester comme cela tout le reste de ma vie, presque à l’état de légume. Mes organes cessant définitivement leur travail les uns après les autres, ma vie était dramatiquement écourtée. Je choisis de demander à ce que l’on me fasse revenir chez moi, avec tous les appareillages sophistiqués nécessaire à ma survie. Mais les choses allaient peut-être changer…

 

Bien des années après la première alerte. Je regarde comme souvent l’écran de télévision, pour maintenir un lien avec l’extérieur du monde. Je vais aussi très souvent sur l’Internet, en particulier pour y suivre les dernières avancées médicales. Et aujourd’hui, je fais comme tous les autres jours. Mon attention fut retenue par une nouvelle du domaine de la prouesse médicale qui me surpris : on avait réalisé avec succès une greffe de cerveau humain sur un autre corps. Je me mis rapidement en contact avec le chirurgien qui avait réalisé la délicate opération. Mon idée était claire : puisque mon corps semble tomber morceau, sauf mon cerveau, je devrais pouvoir l’y insérer dans un corps sain. Mais le chirurgien, qui s’appelle Joël Pinson, m’avertit sur deux problèmes de taille : trouver un donneur et surtout, un donneur compatible. Cela dit, sur ce dernier point, on avait accomplit des miracles, notamment avec la thérapie génique. Reste tout de même le problème de trouver un donneur. J’insiste malgré tout auprès du chirurgien :

« – Il me faut absolument changer de corps, je vous paierais ce que vous voudrez, mais je vous en supplie, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour me trouver un autre corps !

Vous savez monsieur, des personnes qui meurent dans un corps sain, c’est de plus en plus dur à trouver, surtout à notre époque et…

C’est mon ultime chance !

Je vais faire mon maximum, mais sachez que rien n’est garanti. »

Un mois passe, et le téléphone résonne dans ma chambre. Je le fais décrocher (je peux avoir un certain contrôle sur la plupart des appareils via une interface neurale). C’est Joël Pinson, il a l’air joyeux.

« – Nous en avons-un !

Un quoi ? Un … donneur ?

Oui, exactement monsieur. »

Je n’en revenais pas, je n’aurais jamais imaginé attendre aussi peu.

« – Mais il faut avant tout que vous sachiez quelque chose. Le donneur est…

Agé ?

Non, pas exactement. En fait, ce donneur est une donneuse.

Vous voulez dire que c’est une femme?

C’est bien ça. »

J’ai senti comme une gêne dans la voix du chirurgien. De mon côté, j’étais moins mal à l’aise. Je n’avais rien à perdre, seulement l’occasion de retrouver une vie normale. Et cela réveilla en moi un vieux rêve : celui de l’expérience de l’autre sexe. Un rêve qui peut à peu s’est mué en un sentiment de plus léger au fur et à mesure de l’avancement de mon âge. Je crois que cela doit me venir de mon envie de chercher du nouveau, de ressentir le différent. Un “allô” à l’autre bout du fil me réveilla.

« – Allô? Je ne vous entends plus, dit Joël.

Excusez-moi, j’étais en train de réfléchir.

Vous pouvez encore réfléchir une petite journée, au delà, le corps sera inutilisable.

J’ai déjà pris ma décision (depuis longtemps avais-je envie d’ajouter) : c’est d’accord. »

On me fit prendre un vol direct pour Paris. Rapidement, je suis arrivé en salle de mise en attente. Très ponctuel, le chirurgien Joël Pinson arriva. C’était une personne svelte, aux cheveux légèrement grisonnant, avec de fines lunettes, de taille moyenne. Nous faisons connaissance. Il me connaît très bien, d’ailleurs, bon nombre de personnes me connaissent pour une grande chose que j’ai effectué : le premier pas de l’homme sur Mars. J’étais à la tête d’une société aérospatiale basée au Chili. J’étais resté 3 longues années sur la Planète Rouge. Je faillis participer 5 ans plus tard à une seconde mission, internationale cette fois-ci, mais les “révoltes” de mon corps avaient commencé à se manifester, me privant de ma seule chance d’y retourner, encore une fois. Cela m’avait profondément affecté et je m’étais replié près de ma région natale en Périgord. Jusqu’à ce jour.

Je coupais court rapidement à la conversation qui allait s’engager sur mes “exploits” et voulu en savoir plus sur mon donneur.

« C’était une femme âgée de vingt-huit ans, une australienne. Elle est morte d’une foudroyante rupture d’anévrisme. Sa famille a été d’accord pour le don car elle en avait discuté avant. Certains membres de sa famille sont venus exprès afin d’assister à cette greffe, qu’ils appréhendent comme vous pouvez vous en douter. Et ils voudraient bien vous voir. »

Je réponds que je suis d’accord. Ils entrent et durant toute la fin de la journée, je discute avec eux. Ils m’apprennent plein de détails sur la vie de leur fille. Cela nous fait tous du bien d’en parler. Il règne une émotion comme jamais je n’en avais partagé. On se quitte alors que le Soleil se couche au travers d’un épais voile de brume.

Le lendemain. 6h du matin. Je me réveille une dernière fois dans ce corps qui déjà ne me semble plus être le mien. On doit procéder à l’opération à jeun. Dans le bloc opératoire, je demande avant que l’on ne m’endorme, un miroir afin de regarder mon visage une dernière fois. Et puis on m’injecte le produit. Je ne ressens rien de notable si ce n’est que mes paupières qui semblent peser une tonne. Ma dernière pensée fut « ai-je bien raison de faire cela ? »

Au dehors de mon corps…

Joël est attaché à lentement déconnecter, nerfs par nerfs, artère par artère, veine par veine, mon cerveau du reste de mon corps. Il est délicatement prélevé. Temporairement, toute alimentation en sang est coupé, mais une activité cérébrale est toujours là. Tout se fait dans le silence le plus complet, hormis les ordres du chef de bloc. Pendant près de 6 heures, l’opération se déroule. Mon cerveau est ensuite greffé dans le corps receveur. On branche cette fois-ci une par une les différentes connexion avec le reste des organes. On fixe des cellules souches aux endroits où les cellules vont devoir réparer des tissus. L’opération se termine par le dernier point de suture au sommet du crâne.

“Je” vais rester ainsi endormi, en convalescence durant 2 jours, afin que mon cerveau s’adapte à son nouveau corps d’un point de vue structurel (rétablir des connexions nerveuses, etc.).

 

Noir.

Blanc.

Couleurs.

Formes floues.

Je crois rêver que je suis en train de me réveiller. Une forme s’agite au dessus de mon regard. Je voudrais mieux y voir. Et je crois me rendormir.

A nouveau le noir.

Et puis le blanc, et les couleurs, et des formes floues. Elles se précisent. Et puis de drôles de sensations me parviennent à droite et à gauche de mon regard. Je me souviens, c’est le son. Sensation étrange que d’entendre à nouveau. Je voudrais pouvoir bouger la tête. Mais je me rendors.

Ce n’est qu’au bout d’une semaine que je me réveille tout à fait. Je vois net maintenant, et entend parfaitement. Je retrouve peu à peu la mobilité de ma tête. Je me sens étonnamment léger. Je veux appeler une infirmière mais des sons aigus sortent de ma bouche. J’articule tant bien que mal. Jusqu’au moment où j’entend :

« Une infrimiè si ou vlait! » dit par une voix de femme.

Je met quelques minutes à me rendre compte que cette voix, c’est la mienne. Il a réussi.

Joël Pinson arrive en début d’après-midi. Il lit dans mes yeux de l’inquiétude.

« Je vois que l’on n’est pas trop rassuré. Vous allez entrer dans une longue phase de rééducation. En effet, votre cerveau doit trouver comment se servir d’un corps neuf. Mon premier patient a mis 6 longs mois avant de retrouver une parfaite motricité. Cela va donc être long, mais nous savons tous que vous pouvez surprendre. La preuve : il ne vous a fallut qu’une semaine avant de retrouver la vue et l’ouïe comme avant. Allez, reposez vous, je repasserais tout les jours à la même heure. »

 

Je passais le plus clair de mon temps à retrouver une élocution correcte. Ce qui fut fait en quelques jours. Je devais presque tout réapprendre. Cela dit, j’avais du mal à me faire à cette nouvelle voix, une voix féminine.

Une question restera sans doute sans réponse : celle de mon identité. Suis-je toujours un homme? Ou bien désormais une femme ? Pour les autres, il ne fait nul doute que je serais considéré comme une femme, mais pour moi-même ? Je reçois ce jour là la visite de la famille proche du donneur. Ils sont comme sous le choc. J’imagine ce que cela doit être de voir un être cher revivre de cette façon. Seulement, la personne qui est “à l’intérieur”, ce n’est pas leur fille. Nous réussissons tout-de-même à discuter. En fin de journée, ils me font part de leur souhait de me revoir, mais hors de cet hôpital. Je leur signifie que cela sera fait.

 

Un mois passe. Pour la première fois depuis avant mon opération, je demande un miroir, afin de me regarder. Sensation inédite que celle d’être dans la peau de quelqu’un d’autre, qui plus est de la gent féminine. Je ne suis pas sous le choc, mais je suis comme hypnotisé(e ?). C’est ce jour-là que j’ai lié pour la première fois contact avec mon nouveau corps. Jusque là, je n’avais aucune sensation tactile avec tout ce qui se situe en dessous de mon cou. Mais là, je ressens comme une pression, au niveau de la poitrine. Des seins. Mes seins désormais. Je sens une cambrure un peu prononcée. Et surtout, le révélation se passe au niveau de mon sexe : il n’y avait rien. Ou si, mais sûrement pas là. Toute ma vie durant, je l’ai toujours senti, exerçant une légère pression à cet endroit. Les infirmières qui passent régulièrement doivent se demander d’où me vient le sourire que j’ai eut toute la journée :

Sans doute une sorte de béatitude due à cette nouvelle naissance…

 

3 mois. Maintenant, j’arrive à avoir des mouvements. Je peux -maladroitement- bouger mes membres. Je m’y suis mis surtout depuis le jour où l’on m’a débranché de la perfusion il y 1 mois et demi, pouvant manger de nouveau presque normalement (je suis encore réduit à d’infâmes bouillies multicolores). Cela dit, même si je pouvais me mouvoir, je devais rester dans un fauteuil roulant, ce qui me permet d’avoir une certaine liberté de déplacement au sein de l’hôpital.

 

Cette expérience de l’autre sexe est une chose qui se passe de façon assez délicate avec le recouvrement progressif de mes mouvements. Je me sens encore bien curieusement masculin mais cette féminité qui irradie de mon corps se fait de plus en plus importante jour après jour. Je peux assez facilement imaginer la suite avec la diminution de cette parcelle de masculinité. Ce sera de toute évidence inévitable et je le sais. Et curieusement, cela m’enchante, je suis presque pressé.

Je me déplace toujours en fauteuil roulant mais je fais de nombreux exercices de rééducation sur barres de façon à apprendre de nouveau à marcher. Mais je ré-apprend assez rapidement, jusqu’au bout du quatrième mois où je peux me passer de l’assistance des roues pour n’utiliser que des béquilles. Je m’amuse à essayer de marcher sans mais cela se termine bien souvent par une chute assez ridicule. Mais je persiste. Ce ne sont pas quelques hésitations dans l’équilibre de ma marche qui vont me stopper, pas après tout ce que viens de traverser ! Jour après jour je parviens à marcher sans béquilles, toujours de plus en plus longtemps. Au début du cinquième mois, j’arrive enfin à me passer d’aide pour marcher. Moi qui fut un temps un grand randonneur, je redécouvre ce plaisir immense qu’est la marche. Pour la course, c’est autre chose encore. Je me fatigue vite, très vite encore. La musculature avait pas mal fondu durant les premiers mois où je ne pouvais pas trop bouger. Cette période de rééducation devrait durer encore quatre à cinq mois, avant de trouver un corps en pleine forme. J’ai de nouveau vingt-huit ans à la fois, ce qui fait que je récupère assez vite.

 

Le sixième mois arrive. Je viens de sortir du dernier examen médical complet, le précieux ticket de sortie. Je suis désormais apte à mener une vie normale. Aux yeux de l’administration, tout a déjà été fait : changement des photos d’identité, de l’empreinte biométrique, du prénom, etc. Aussi, j’avais déjà longuement mis au courant mes proches, leur expliquant que c’était le choix de la dernière chance. Ma sortie hors de l’hôpital pour affronter ce monde se passera donc dans les meilleures conditions. J’ai aussi fait redémarrer ma société aérospatiale. Mon objectif à long terme est de nouveau clair, invariable : Mars. Dans ce corps tout neuf désormais, mon horizon s’éloigne, me donnant de nouvelle perspectives. Quelle excitation !

Je décide de passer le reste de la journée en ville, à Paris. M’y promenant, respirant de nouveau l’air libre, sans aucun fil me reliant à un appareillage complexe. Libre. J’arrive à affronter mon reflet dans les vitres des magasins, m’arrêtant presque systématiquement pour me regarder. Je dois avoir l’air assez bête, à m’admirer de la sorte. Je m’en moque ! J’ai rarement connu autant de joie, de bonheur. La dernière fois, c’était lorsque j’ai foulé le sol de Mars, il y a dix ans de cela. C’est quelque part une forme d’exploration, la découverte d’un autre corps. Toutefois, je fais encore preuve d’une certaine pudeur vis-à-vis de moi-même. J’hésite à trop le toucher. Le fait que celui-ci était une personne à part entière, il y a moins d’un an doit me bloquer, je n’en sais rien à vrai dire. Le soir-même, je décide de manger dans un bon restaurant (après m’être trouvé les vêtements adaptés, à savoir une longue robe rouge -Mars…-, fendue sur la droite). Tout au long de la soirée, je sens quelques yeux sur moi, cela m’a assez fortement gêné. Ce qui m’a le plus perturbé, c’était le serveur qui me demandait si “C’est tout Madame ?”.

Après le repas, je prends la direction de l’aéroport pour revenir chez moi dans le Périgord. Il est très tard quand je reviens. La grande maison est vide, car j’ai demandé à mes assistants de prendre de gros congés. Je retrouve cette chambre, immense, plus que dans mes souvenirs. Je me dirige vers une commode où trône une pierre brune, une roche martienne que j’ai pu ramener de ma seule et unique mission. Un souffle dessus suffit à faire s’envoler la couche de poussière qui s’est déposée depuis des mois. Je la soupèse, l’examine comme si c’était la première fois que je la voyait, alors que non, j’en connais les moindre recoins. Mars…, je rêve de revenir là-haut. Mais pas pour tout de suite. Il va falloir relancer la société, ce qui ne sera pas une mince affaire.

Clarté. De minces rais de Soleil filtrent aux travers des volets de ma chambre. C’est le matin. Je bondis hors du lit, de ce lit que je n’ai occupé que trop longtemps. Je me prépare à m’habiller, quand mon corps m’apparaît dans le miroir de l’armoire. Nu. Enfin, nue. Dans la plus simple des visions. Cela fait toujours un choc. Je m’y habitue peu à peu toutefois. Mais là, je reste à me regarder, plus longtemps que de coutume. Sans doute le fait que je sois chez moi. J’y touche. Mes mains le parcourent, comme deux explorateurs. La sensation est très agréable. Sentir son corps c’est la meilleure façon de sentir que l’on vit, que l’on existe. Ces formes féminines sont un pur régal en fin de compte. Je crois que c’est le signe, ce moment que j’attendais sans doute : la totale acceptation que je suis moi, de nouveau moi. Je lâche une larme, puis un sourire. J’éclate de rire en fin de compte.

Je profite de cette chaude journée de début d’été pour aller me faire une petite randonnée dans un coin de forêt Périgourdine. Mon activité favorite en fin de compte, sur Terre comme sur Mars, en tant qu’homme comme en tant que femme. Je prenais mon pied à flâner dans les rues de Paris, là je suis pris d’un plaisir intense. La nature est dans cette région remarquablement préservée compte tenu des rigueurs climatiques et écologiques. Il y a encore de vieilles forêt, loin de la plupart de celles qui ont été reconstituées et mises dans des parc pour gens en mal de nature. Non ici, la végétation pousse librement. Il faut aussi dire que depuis la Crise des Trente, bon nombre de régions ont été dépeuplées, avec un exode rural massif. La ville de Périgueux, à une vingtaine de kilomètres, a failli être sur la liste des villes fantômes. J’avais investi une bonne partie des fonds de ma société pour faire revivre cette ville. Je m’égare dans mes pensées à mesure que je parcours le chemin. Je m’enivre des odeurs du bois. Me trouver dans un corps plus jeune me dote de sens renouvelés. Mon cerveau a mis d’ailleurs un certain temps à se calibrer sur ses nouveau récepteurs visuels, olfactifs, sensitif, etc. Avant, j’étais dichromatique. C’est à dire que la vision du violet et du bleu, ainsi que le vert et le marron, était impossible. Des difficultés à différencier ces teintes. Mais les yeux de ce nouveau corps ne sont pas atteint par ceci. Je me suis surpris à découvrir de nouvelles nuances colorées. Vraiment étonnant.

C’est la fin de la journée, le Soleil se couche. Demain, je prends l’avion pour Sydney.

Chapitre 2  →

6 réponses sur “La Greffe UItime – Préambule & Chapitre 1”

  1. Ça commence bien. L’éternel rêve avant transition ça ! Étant fan de SF, je me disais toujours qu’une telle chose serait un jour possible. Et tu écris cette nouvelle de SF autour de ce sujet ! Rigolo !

  2. À ben c’est mieux quand on lit tout ! Quelle nouille de n’avoir cliqué sur (lire la suite) ! 🙂
    Petite remarque… En bas, c’est pas « rien », c’est extrêmement riche de sensations. La pression des tissus est très sensible, bien plus sensible qu’avec l’ancien appareil génital. Et, il existe une sensation dont personne ne parle vraiment, par pudeur en fait je pense, c’est l’air qui passe entre les cuisses… Si on ne porte bien, l’air caresse. Au début, c’est assez surprenant. On s’y habitue vite, mais c’est vraiment très différent en terme de sensations. Il faudra peut-être que j’ose faire un article là-dessus, sur les sensations, je vais y réfléchir.

    Il est sûr que tu l’écrirais bien différemment si tu étais après SRS. Mais, je trouve cela très sympa cette recherche au travers de cette nouvelle. Tu montres les attentes que nous avons toutes en phase de transition, les idées que nous pouvons nous faire. Et le jour où tout est fait, les sensations sont forcément différentes sur certains points. Mon point principal de différence a été l’intensité de ce que peut produire le corps en terme de sensations. Je ne m’y attendais pas à ce point.

  3. Merci 🙂
    Oui, n’ayant aucun témoignage sur les sensations que l’on peut avoir, j’ai du imaginer. Je dirais que cette nouvelle sera sans doute remaniée une fois la transition totalement accomplie, la SRS comprise. Cela sera une chose à constater. Mais bon, pas avant une bonne dizaine d’années je dirais, car la SRS n’est -en l’état des choses- pas envisageable, du moins tant que je ne suis pas totalement ou en grande partie satisfaite des transformations morphologiques de mon corps ;).

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